AZZ Inc (AZZ) : la pépite négligée avant ses résultats
2026-07-04 · Par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment
AZZ Inc publie ses résultats du premier trimestre le 8 juillet 2026 après la clôture. Cette entreprise protège l'acier américain contre la corrosion et profite des dépenses d'infrastructure. Selon ma méthode d'analyse fondamentale, elle obtient une note de qualité élevée et se valorise nettement sous mon prix d'achat raisonnable. Voici comment je lis ce dossier avant les chiffres.
À retenir
- AZZ Inc publie les résultats de son premier trimestre fiscal 2027 le 8 juillet 2026, après la clôture des marchés.
- L'entreprise protège l'acier et l'aluminium américains contre la corrosion (galvanisation à chaud et revêtement de bobines), un métier dopé par les dépenses d'infrastructure et les droits de douane.
- Ma méthode d'analyse lui attribue une note de qualité de 9 sur 10, portée par une marge de cash de 26% et un endettement maîtrisé.
- L'action se valorise 10,6 fois son free cash flow, contre 18,9 fois pour son secteur, soit une décote d'environ 17% par rapport à mon prix d'achat raisonnable.
- Le seul point faible : le nombre d'actions augmente de 4,6% par an, ce qui dilue les actionnaires existants.
Le fait : une publication sous tension le 8 juillet
Mercredi 8 juillet 2026, après la clôture de Wall Street, AZZ Inc publiera les résultats de son premier trimestre de l'exercice fiscal 2027 (l'exercice d'AZZ se termine fin février, donc ce trimestre couvre mars à mai 2026). Le marché attend un bénéfice par action ajusté de 1,71 dollar et un chiffre d'affaires de 438,9 millions de dollars, selon le consensus des analystes. Une conférence téléphonique suivra le lendemain matin.
AZZ, le protecteur invisible de l'acier américain
Tu ne connais probablement pas AZZ, et c'est normal : cette entreprise de Fort Worth, au Texas, ne vend rien au grand public. Fondée en 1956, elle fait un métier qui paraît ennuyeux mais qui est en réalité vital : protéger l'acier et l'aluminium contre la rouille.
Son activité se répartit en deux métiers. Le premier, AZZ Metal Coatings, c'est la galvanisation à chaud : on plonge une pièce d'acier dans un bain de zinc fondu, qui forme une couche protectrice contre la corrosion pendant des décennies. Les poteaux électriques, les poutres de ponts, les pylônes à haute tension qui traversent le pays : une bonne partie a été traitée par AZZ, leader indépendant du secteur en Amérique du Nord. Le second métier, AZZ Precoat Metals, applique des revêtements esthétiques et protecteurs sur des bobines d'acier et d'aluminium, utilisées ensuite dans la construction, l'électroménager, la climatisation ou les conteneurs.
Le moat (l'avantage concurrentiel qui protège une entreprise de la concurrence) d'AZZ tient à deux choses. D'abord, la galvanisation nécessite des usines lourdes, proches des clients (le zinc en fusion ne voyage pas bien), donc peu de nouveaux entrants viables. Ensuite, c'est un service, pas un produit stockable : le client apporte sa pièce d'acier, AZZ la traite et la renvoie. Difficile à délocaliser, difficile à disrupter par un logiciel.
Pourquoi le sujet devient chaud maintenant
Le vent macro souffle dans le bon sens pour AZZ. Les droits de douane américains sur l'acier et l'aluminium poussent les industriels à acheter du métal fabriqué aux États-Unis, ce qui alimente le carnet de commandes du métier de galvanisation. En parallèle, les investissements dans le réseau électrique, le solaire, les terminaux de gaz naturel liquéfié et les centres de données dopent la demande de structures en acier à protéger. C'est un double vent porteur : le protectionnisme et la relance des infrastructures.
Mais ce vent a un revers. Le second métier d'AZZ, Precoat Metals, dépend de bobines d'acier et d'aluminium en provenance de fournisseurs qui, eux, subissent une disponibilité de matière première plus tendue à cause des mêmes droits de douane. Résultat : les mêmes tarifs douaniers qui dopent la galvanisation mettent une pression de marge sur le revêtement de bobines. C'est un vrai trade-off, pas une histoire à sens unique.
Ce que dit ma note de qualité (9 sur 10)
Sur mon site, chaque action reçoit une note de qualité sur 10, calculée à partir de critères financiers objectifs : la croissance des ventes, la croissance du cash généré, la rentabilité, le contrôle de la dette, la dilution des actionnaires. AZZ obtient 9 sur 10, un score que très peu d'entreprises de taille moyenne atteignent.
Le chiffre qui m'a le plus marqué : le free cash flow par action (le cash généré, une fois toutes les factures payées, divisé par le nombre d'actions) a progressé de 72,1% par an en moyenne sur les cinq dernières années. C'est un rythme extrême, en partie parce qu'AZZ partait d'une base faible après avoir vendu sa division d'équipements électriques en 2022 pour se recentrer sur la protection anticorrosion et rembourser sa dette. Mais la tendance de fond reste réelle : la marge de free cash flow (la part du chiffre d'affaires qui se transforme en cash disponible) atteint 26%, et le Cash ROCE, qui mesure le rendement du capital investi en cash réel, ressort à 33,9%. Pour donner un ordre d'idée, la plupart des entreprises industrielles plafonnent sous 15%.
Le bilan confirme cette discipline. La dette nette rapportée au free cash flow annuel n'est que de 1,14 fois, ce qui veut dire qu'AZZ pourrait, en théorie, effacer toute sa dette en un peu plus d'un an de cash généré. L'entreprise a d'ailleurs remboursé 385,3 millions de dollars de dette sur les douze derniers mois, et prévoit d'en rembourser 130 à 170 millions de plus sur l'exercice fiscal 2027. Elle vient aussi de relever son dividende de 17,6%, à 20 cents par action et par trimestre. Ce n'est pas le comportement d'une entreprise fragile.
Un bémol, pour être honnête : le nombre d'actions en circulation augmente de 4,63% par an, ce qui dilue chaque actionnaire existant. C'est le seul critère où AZZ ne coche pas la case parfaite dans ma méthode, et c'est pour ça que la note est à 9 et pas à 10.
Le prix : une décote de 17% avant les résultats
Une bonne entreprise n'est une bonne affaire que si le prix suit. Pour mesurer ça, j'utilise le P/FCF (price-to-free-cash-flow) : le prix de l'action divisé par le free cash flow généré chaque année. Un P/FCF de 10 revient à payer aujourd'hui dix années de ce cash. Plus le chiffre est bas, moins l'action est chère.
AZZ se valorise actuellement 10,6 fois son free cash flow. Le secteur dans lequel elle est classée, les services aux entreprises spécialisés, affiche une valorisation médiane de 18,9 fois : AZZ se situe seulement au 32e percentile, ce qui veut dire qu'elle est moins chère que les deux tiers des entreprises comparables. Mon modèle, construit à partir d'hypothèses prudentes sur sa croissance future, situe le prix d'achat raisonnable sous 175,90 dollars. Au cours actuel de 150,01 dollars, AZZ affiche donc une décote d'environ 17,3% par rapport à ce niveau. C'est une action sous-évaluée selon ma grille, avant même de connaître les résultats du 8 juillet.
| Indicateur | AZZ Inc | Secteur (médiane) |
|---|---|---|
| Valorisation (P/FCF) | 10,6 fois le FCF | 18,9 fois le FCF |
| Note de qualité (méthode Lubin) | 9 / 10 | n.d. |
| Marge de free cash flow | 26,0% | n.d. |
| Cash ROCE | 33,9% | n.d. |
| Croissance des revenus (5 ans) | 15,9%/an | n.d. |
| Dette nette / FCF | 1,14 fois | n.d. |
| Prix d'achat raisonnable | < 175,90 $ | n.d. |
| Cours actuel (3 juillet 2026) | 150,01 $ | n.d. |
Ce que je vais surveiller dans la publication du 8 juillet
Trois choses retiennent mon attention pour cette publication. Un : est-ce que le chiffre d'affaires et le bénéfice ajusté dépassent le consensus (438,9 millions de dollars et 1,71 dollar par action) ? Deux : la direction va-t-elle confirmer sa guidance annuelle de 1,725 à 1,775 milliard de dollars de ventes et de 6,50 à 7,00 dollars de bénéfice ajusté par action pour l'exercice fiscal 2027 ? Trois : quel ton la direction donne-t-elle sur l'équilibre entre les gains tarifaires côté galvanisation et la pression sur les marges côté revêtement de bobines ? C'est ce dernier point, plus qualitatif, qui me dira si le trade-off tourne en faveur ou contre AZZ dans les prochains trimestres.
Comment je m'y prends, moi
Ma règle ne change jamais, quelle que soit l'action : je juge d'abord la qualité du business, indépendamment du prix, puis je regarde si le prix actuel me laisse une marge de sécurité. Pour AZZ, la qualité est là (9 sur 10, un bilan qui se désendette, un dividende qui monte). Le prix, lui, reste sous mon seuil d'achat raisonnable, même avant de connaître la réaction du marché aux résultats. Ça ne veut pas dire qu'il faut acheter à l'aveugle avant une publication : les surprises, bonnes ou mauvaises, peuvent bouger le cours de plusieurs pourcents en quelques heures. Mais ça veut dire que le point de départ est sain.
C'est exactement ce genre de séparation entre qualité et prix que je voulais pouvoir faire en quelques secondes pour n'importe quelle action, ce qui m'a poussé à construire mon <a href="/screener">screener de qualité</a>. Tu peux retrouver la fiche complète, mise à jour en continu, sur <a href="/analyse/AZZ">l'analyse d'AZZ Inc (AZZ)</a>, et si tu veux comprendre en détail comment je construis cette note sur 10, j'ai tout expliqué dans <a href="/methodologie">ma méthodologie</a>.
FAQ
Quand AZZ Inc publie-t-il ses résultats du trimestre ?
AZZ publie les résultats de son premier trimestre de l'exercice fiscal 2027 le mercredi 8 juillet 2026, après la clôture des marchés. Une conférence téléphonique avec les analystes suit le lendemain matin, jeudi 9 juillet.
Que fait exactement AZZ Inc ?
AZZ protège l'acier et l'aluminium contre la corrosion. Son métier historique, la galvanisation à chaud (Metal Coatings), plonge des pièces d'acier dans un bain de zinc fondu pour les protéger pendant des décennies : poteaux électriques, poutres de ponts, pylônes à haute tension. Son second métier, Precoat Metals, applique des revêtements sur des bobines d'acier et d'aluminium pour la construction, l'électroménager ou le transport.
Le P/FCF, c'est quoi exactement ?
Le P/FCF (price-to-free-cash-flow) compare le prix de l'action au cash que l'entreprise génère réellement chaque année, une fois toutes ses factures payées. Un P/FCF de 10 veut dire que tu paies aujourd'hui dix années de ce cash. Plus il est bas, moins l'action est chère, à qualité égale.
AZZ Inc est-elle une action sous-évaluée ?
Selon ma méthode, oui : elle se valorise 10,6 fois son free cash flow, contre une médiane de 18,9 fois dans son secteur, et son cours actuel reste environ 17% sous mon prix d'achat raisonnable. Mais un prix bas n'est intéressant que si la qualité du business tient, ce qui semble être le cas ici avec une note de 9 sur 10. Ceci n'est pas un conseil en investissement personnalisé.
Les droits de douane sur l'acier aident-ils ou nuisent-ils à AZZ ?
Les deux, et c'est le vrai débat du dossier. Ils dopent la demande du métier de galvanisation en poussant les industriels à acheter de l'acier américain, mais ils tendent aussi la disponibilité des bobines d'acier et d'aluminium utilisées par son autre métier, Precoat Metals, ce qui pèse sur ses marges. C'est un point que je surveille dans chaque publication trimestrielle.
Voir l'analyse AZZ sur Lubin Investment
À propos de l'auteur
Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).