Bank of America ou Wells Fargo : quelle action acheter ?
2026-07-11 · Par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment
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Bank of America et Wells Fargo publient leurs résultats le même jour, le 14 juillet. Sur mes critères, Bank of America ressort clairement devant : meilleure discipline de cash, rachats d'actions réguliers, et une action qui se négocie déjà sous mon prix d'achat raisonnable. Wells Fargo a une vraie histoire de relance, mais ses chiffres de cash récents m'inquiètent.
Deux géants, deux trajectoires différentes
Bank of America et Wells Fargo sont deux des plus grandes banques des États-Unis, toutes deux présentes dans presque tous les métiers bancaires : dépôts, crédit, cartes, banque d'affaires. Mais leurs trajectoires récentes divergent. Wells Fargo sort d'une longue période sous surveillance renforcée : après le scandale des comptes fictifs ouverts sans l'accord des clients, la Réserve fédérale lui avait imposé en 2018 un plafond strict sur la taille totale de son bilan. Ce plafond a été levé en juin 2025, et Wells Fargo en profite depuis pour accélérer : son classement dans les fusions-acquisitions américaines est passé de la douzième à la huitième place entre 2024 et 2025.
Bank of America, de son côté, n'a pas cette histoire de restriction réglementaire à raconter. C'est une banque plus stable dans son évolution récente, avec une activité de gestion de fortune (Merrill) qui pèse lourd dans ses résultats.
Ce que dit ma grille : deux notes différentes
Bank of America obtient 6 critères validés sur 10, Wells Fargo seulement 5. L'écart se joue surtout sur la conversion du cash. Chez Bank of America, 1,66 dollar de cash réel est généré pour chaque dollar de bénéfice comptable : un signe de résultats de bonne qualité, pas gonflés par des effets comptables. Chez Wells Fargo, ce chiffre tombe à seulement 0,05 (5 cents de cash pour 1 dollar de bénéfice affiché), et son Cash ROCE (le cash généré rapporté au capital engagé) ressort à 0,3 %, quasiment nul.
Cet écart ne veut pas dire que Wells Fargo va mal : c'est cohérent avec une banque en pleine phase de croissance des prêts après la levée de son plafond, ce qui immobilise temporairement beaucoup de cash au bilan. Mais dans mes chiffres, tels qu'ils sont aujourd'hui, cette faiblesse de conversion en cash est réelle et se traduit par un ratio prix sur free cash flow totalement déformé (plus de 230 fois), qui n'a pas de sens comparatif à ce niveau.
Le prix : là où l'écart se creuse encore
Bank of America se négocie autour de 59,67 dollars, et mon modèle situe un prix d'achat raisonnable sous 70,09 dollars : l'action coche donc mon critère de valorisation, un cas suffisamment rare pour être signalé. Sur son ratio prix sur free cash flow, environ 8,4 fois, elle reste bon marché.
Wells Fargo, à environ 87,16 dollars, ne passe pas ce test : avec un free cash flow récent très faible dans mes chiffres, mon modèle situe un prix d'achat prudent sous 1,98 dollar, un niveau qui reflète surtout la fragilité actuelle du cash généré plus qu'un jugement sur la qualité de la franchise bancaire elle-même.
Ce qu'il faut surveiller avant les résultats du 14 juillet
Bank of America et Wells Fargo publient toutes les deux leurs résultats du deuxième trimestre le 14 juillet, avant l'ouverture des marchés. Bank of America avait dépassé les attentes au premier trimestre (1,11 dollar de bénéfice par action contre 1,02 dollar attendu), et les analystes attendent 1,13 dollar pour ce nouveau trimestre. Wells Fargo avait quasiment atteint pile les attentes au premier trimestre (1,60 dollar contre 1,60 dollar attendu), avec 1,73 dollar attendu cette fois. Le vrai point à surveiller pour Wells Fargo : est-ce que sa conversion du bénéfice en cash s'améliore, ou reste-t-elle sous tension à cause de la croissance des prêts ?
Comment je tranche
Sur les chiffres actuels, Bank of America l'emporte nettement : meilleure discipline de cash, rachats d'actions réguliers (le nombre d'actions a reculé de 2,6 % par an), et un prix déjà sous mon seuil d'achat. Wells Fargo a une histoire de relance intéressante après sept ans sous plafond réglementaire, mais je veux voir sa conversion du bénéfice en cash s'améliorer avant de la considérer sérieusement. Une bonne histoire ne suffit pas si les chiffres de cash ne suivent pas encore.
À retenir
- Bank of America (6/10) devance Wells Fargo (5/10) sur ma grille, principalement grâce à une bien meilleure conversion du bénéfice en cash réel
- Wells Fargo sort d'un plafond réglementaire de 7 ans (levé en juin 2025) et accélère sa croissance, mais son cash récent est sous tension
- Bank of America se négocie déjà sous mon prix d'achat raisonnable (autour de 59,67 $ contre un seuil de 70,09 $)
- Les deux banques publient leurs résultats le 14 juillet avant l'ouverture des marchés
- Le point à surveiller pour Wells Fargo : une amélioration de la conversion du bénéfice en cash confirmerait que la relance se traduit vraiment dans les chiffres
FAQ
Pourquoi Bank of America est-elle mieux notée que Wells Fargo dans mon screener ?
Surtout à cause de la conversion du bénéfice en cash réel : 1,66 dollar de cash pour 1 dollar de bénéfice chez Bank of America, contre seulement 0,05 chez Wells Fargo actuellement.
Le plafond réglementaire de Wells Fargo existe-t-il toujours ?
Non, la Réserve fédérale l'a levé en juin 2025 après sept ans, ce qui permet à la banque d'accélérer sa croissance depuis.
Pourquoi le ratio prix sur free cash flow de Wells Fargo semble-t-il si élevé ?
Parce que son free cash flow récent est très faible dans mes chiffres, ce qui gonfle mécaniquement ce ratio. Ce n'est pas comparable à un ratio normal et reflète une période de tension sur le cash plutôt qu'une conclusion définitive sur l'entreprise.
Faut-il acheter Bank of America ou Wells Fargo avant leurs résultats du 14 juillet ?
Sur mes chiffres actuels, Bank of America a le dossier le plus solide. Ceci n'est pas un conseil en investissement personnalisé, fais tes propres recherches avant toute décision.
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À propos de l'auteur
Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).