Lubin Investment · Blog

Goldman Sachs (GS) est-elle sous-évaluée en 2026 ?

2026-07-08 ·

GS : voir l'analyse complète sur Lubin Investment

Goldman Sachs affiche une rentabilité solide et un prix qui, sur le seul critère du cash généré, semble bradé : 5,7 fois son free cash flow contre une moyenne sectorielle de 16,4 fois. Mais une banque ne se juge pas tout à fait comme une action classique, et un point faible discret sur ses marges mérite d'être regardé avant de conclure à une aubaine.

À retenir

Le chiffre qui interpelle

Je passe chaque action au crible du P/FCF : le prix de l'action divisé par le free cash flow qu'elle génère chaque année. Un P/FCF de 12, ça veut dire que tu paies aujourd'hui douze années de ce cash. Goldman Sachs se négocie autour de 5,7 fois ce cash, alors que le reste de la banque d'affaires et des courtiers tourne plutôt autour de 16,4 fois. Sur 48 entreprises comparables de mon screener, Goldman se classe dans le premier tiers des moins chères.

Un chiffre aussi bas mérite qu'on se pose la question inverse de d'habitude : qu'est-ce que le marché sait que je ne sais pas ? Ou alors, est-ce simplement que la banque d'affaires, cyclique et jugée moins glamour que la tech, reste durablement boudée par les investisseurs qui préfèrent payer plus cher ailleurs ?

Est-ce une bonne entreprise ?

Sur la rentabilité, Goldman coche la case : 14,1 % de marge nette, ce qui veut dire que sur 100 dollars de revenus, 14 restent en bénéfice net après tous les frais. Sa croissance est solide aussi, 17,3 % par an en moyenne sur les cinq dernières années, portée par les activités de marché et de gestion d'actifs. Elle rachète également ses propres actions (le nombre de titres en circulation baisse de 3,22 % par an), un signe que la direction préfère rendre du capital aux actionnaires plutôt que de l'immobiliser sans discernement.

Un autre chiffre solide : sa capacité à transformer le bénéfice comptable en cash réel dépasse largement 100 % (2,96 fois), signe que ce que la banque déclare comme profit ne relève pas d'artifices comptables.

Le point faible que le marché a raison de surveiller

Mon critère « marges en expansion » vérifie si les revenus d'une entreprise progressent plus vite que ses coûts sur cinq ans. Pour Goldman, c'est raté : les coûts (rémunérations, technologie, conformité réglementaire) ont crû plus vite que les revenus sur la période. Ce n'est pas rédhibitoire, mais ça explique en partie pourquoi le marché ne s'emballe pas malgré la croissance du chiffre d'affaires. Une banque qui grossit mais qui voit ses marges se comprimer n'est pas la même histoire qu'une banque qui grossit en devenant plus efficace.

Pourquoi le P/FCF ment un peu, pour une banque

Il faut être honnête sur une limite de ma méthode ici : le free cash flow, tel que je le calcule pour la plupart des entreprises, se prête mal aux banques. Leur bilan est fait de prêts, de dépôts et de capitaux réglementaires, pas d'usines ni de stocks. Mon indicateur de rendement du capital investi (cash ROCE) n'est d'ailleurs même pas calculable pour Goldman avec ma formule habituelle. J'explique en détail pourquoi je regarde les banques différemment dans mon article sur la valorisation des actions bancaires : le P/FCF reste un signal utile en comparaison relative (Goldman contre ses pairs), beaucoup moins en valeur absolue.

Comment je tranche

Goldman Sachs coche l'essentiel de mes critères de qualité, se négocie nettement moins cher que ses pairs de la banque d'affaires, verse un dividende de 1,7 % avec un taux de distribution raisonnable de 28 %, et publie ses prochains résultats le 14 juillet 2026. Le point faible, des marges qui se compressent, mérite d'être suivi dans les prochains trimestres plutôt qu'ignoré. Ce n'est pas une pépite parfaite, mais une banque solide qui se paie, sur la seule base du cash généré, moins cher que la moyenne de son secteur.

FAQ

Goldman Sachs est-elle une action de qualité ?

Elle coche la majorité de mes critères objectifs : rentabilité, croissance des ventes, rachats d'actions, conversion du bénéfice en cash. Son point faible est la compression de ses marges sur cinq ans.

Pourquoi Goldman Sachs est-elle si peu chère en P/FCF ?

Elle se négocie à 5,7 fois son free cash flow contre 16,4 fois pour ses pairs de la banque d'affaires. Une partie de cet écart reflète la perception du marché sur un secteur cyclique, une autre partie mérite d'être surveillée (marges sous pression).

Le P/FCF est-il fiable pour juger une banque ?

Moins que pour une entreprise classique. Le bilan d'une banque n'a pas la même structure de capital, ce qui rend certains de mes calculs habituels moins pertinents en valeur absolue. Je détaille ce point dans mon article dédié à la valorisation des banques.

Quand Goldman Sachs publie-t-elle ses prochains résultats ?

Le 14 juillet 2026, avant l'ouverture des marchés.

Faut-il acheter Goldman Sachs maintenant ?

Ce n'est pas un conseil en investissement personnalisé. La qualité est réelle et le prix relatif est bas, mais la compression des marges est un point à surveiller avant de te décider. Fais tes propres recherches.

GS : voir l'analyse complète sur Lubin Investment

À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).