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Faut-il investir dans Interactive Brokers (IBKR) ?

2026-07-13 ·

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Interactive Brokers valide 8 de mes 10 critères de qualité et se valorise seulement 2,5 fois son cash disponible annuel, l'un des multiples les plus bas que je couvre toutes actions confondues. Ce courtier mondial, fondé et dirigé par un ingénieur devenu milliardaire, mise tout sur l'automatisation pour rester le moins cher du secteur. Voici pourquoi ce prix bas mérite ton attention, avant ses résultats du 21 juillet.

Interactive Brokers, le courtier des initiés

Interactive Brokers est une plateforme de courtage en ligne qui permet d'acheter et vendre des actions, options, futures et devises sur plus de 150 marchés dans le monde, depuis un seul compte. Contrairement à Robinhood ou eToro, sa cible n'est pas le grand public débutant : ce sont les traders actifs, les conseillers en gestion de patrimoine et les fonds qui veulent l'accès le plus large possible au marché mondial, au coût le plus bas.

Un fondateur ingénieur, pas financier

Thomas Peterffy, le fondateur, a créé l'entreprise en 1977 en écrivant lui-même les premiers algorithmes de cotation automatisée. Il en reste aujourd'hui le président du conseil et le principal actionnaire. Cette culture d'ingénieur irrigue toute l'entreprise : Interactive Brokers investit massivement dans son propre logiciel de connexion aux marchés plutôt que d'acheter des solutions tierces, ce qui lui permet de lancer de nouveaux produits plus vite que ses concurrents et de vendre moins cher qu'eux.

Le moat : l'automatisation qui écrase les coûts

L'avantage concurrentiel d'Interactive Brokers tient à une équation simple : moins d'humains par transaction, donc des marges d'exploitation proches de 80 %, un niveau que peu d'entreprises financières atteignent. Autre différence notable citée par la direction : Interactive Brokers ne vend pas ses ordres de bourse à des intermédiaires (une pratique controversée appelée "payment for order flow", utilisée par plusieurs courtiers gratuits) et ne trade quasiment jamais pour son propre compte contre ses clients. Le courtier revendique la meilleure exécution possible comme priorité, pas la monétisation du flux d'ordres.

Ce que dit mon filtre : très rentable, mais des signaux mitigés

Interactive Brokers valide 8 de mes 10 critères. Sa marge de cash généré atteint 41,1 % du chiffre d'affaires, et sa croissance des revenus (33,3 % par an sur 5 ans) comme celle du cash par action (44,6 % par an) sont exceptionnelles pour une entreprise financière déjà installée. Deux points font pourtant tache : le nombre d'actions en circulation augmente légèrement (+3,99 % par an, une dilution modérée mais réelle), et les coûts progressent un peu plus vite que les revenus sur la période récente, un signal de compression de marge à surveiller plutôt qu'à ignorer.

Le prix : l'un des multiples les plus bas de tout mon filtre

L'action se valorise seulement 2,5 fois son free cash flow annuel. Pour donner une échelle : la plupart des entreprises de qualité comparable que je couvre se négocient entre 15 et 35 fois. Un tel écart, pour une entreprise aussi profitable, est rare. Mon modèle en tire un prix d'achat théorique très élevé par rapport au cours actuel de 93,56 dollars, ce qui traduit une décote qui semble énorme sur le papier. Je reste prudent sur l'ampleur exacte de ce calcul : mon modèle est sensible à l'hypothèse de croissance retenue, et une croissance de 44,6 % par an ne se maintient jamais indéfiniment. Le signal le plus solide et le plus simple à retenir reste le P/FCF de 2,5 fois, un chiffre brut, sans hypothèse de projection, qui reste très bas dans l'absolu.

Le vrai risque : la sensibilité aux taux d'intérêt

Une partie significative des revenus d'Interactive Brokers provient des intérêts perçus sur les liquidités et marges de ses clients, un mécanisme proche de celui d'une banque. Quand les taux d'intérêt baissent, cette source de revenu s'amenuise, indépendamment de l'activité de trading elle-même. C'est un risque macroéconomique que le courtier ne contrôle pas et qu'il faut garder en tête, même si sa croissance du nombre de comptes clients (revendiquée autour de 30 % par an par la direction) compense en partie ce vent contraire potentiel.

Ce qu'il faut surveiller le 21 juillet

Interactive Brokers publie ses résultats du deuxième trimestre le 21 juillet. À surveiller : le rythme d'ouverture de nouveaux comptes clients (le vrai moteur de croissance structurelle), l'évolution du revenu d'intérêts net dans un contexte de taux en mouvement, et la marge d'exploitation, pour vérifier si la légère compression récente se confirme ou se corrige.

FAQ

Pourquoi Interactive Brokers est-elle aussi peu chère par rapport à d'autres courtiers ?

Son modèle très automatisé lui permet des marges d'exploitation proches de 80 %, mais le marché valorise historiquement les courtiers en ligne moins cher que les entreprises technologiques pures, en partie à cause de la sensibilité de leurs revenus aux taux d'intérêt et aux volumes de trading, plus cycliques.

Interactive Brokers vend-elle ses ordres de bourse comme Robinhood ?

Non, la direction revendique justement l'inverse : ne pas vendre le flux d'ordres à des intermédiaires (payment for order flow) et prioriser la meilleure exécution possible pour le client plutôt que cette source de revenu.

Quel est le principal risque pour Interactive Brokers ?

Une partie de ses revenus vient des intérêts sur les liquidités de ses clients. Une baisse des taux d'intérêt réduirait cette source de revenu, indépendamment du volume de trading.

Faut-il investir dans Interactive Brokers avant ses résultats du 21 juillet ?

Le prix paraît statistiquement très bas et la qualité du business est solide. Le principal point de vigilance reste la sensibilité aux taux d'intérêt. Ceci n'est pas un conseil en investissement personnalisé, fais tes propres recherches.

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À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).