Presque parfait en bourse : le critère manquant, ça compte ?
2026-06-22 · Par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment
Un 9/10 signifie qu'un seul critère fondamental échoue : croissance légèrement ralentie, bilan un peu tendu ou rachats insuffisants une année. En pratique, un 9/10 reste une excellente entreprise. La vraie différence pour le stock-picking vient souvent de la valorisation, pas du seul point manquant.
- Notre screener évalue 5 000+ actions sur 10 critères fondamentaux : ROIC, croissance du free cash flow, marge FCF, solidité du bilan, rachats d'actions, etc.
- Un 10/10 signifie que les 10 critères sont tous satisfaits simultanément. C'est rare : BSY, ROP, ASML, PYPL en font partie.
- Un 9/10 signifie qu'un seul critère échoue légèrement. AYI (Acuity Brands) et PAYX (Paychex) en sont de bons exemples.
- La différence en termes de qualité réelle est nuancée : un 9/10 est souvent une très bonne action.
- La valorisation (P/FCF) compte autant que la note : un 10/10 très cher peut sous-performer un 9/10 bien valorisé.
Notre méthode de notation en 30 secondes
Chez lubin-investment.com, j'analyse les actions en m'appuyant sur 10 critères fondamentaux quantitatifs. L'idée est simple : plutôt que de lire des dizaines de pages de rapports annuels, je veux une notation objective et reproductible qui me permette de comparer 5 000 actions sur le même pied d'égalité.
Les 10 critères couvrent les dimensions clés de la qualité d'une entreprise. Voici ce qu'ils mesurent :
- ROIC élevé (Return On Invested Capital) : l'entreprise génère-t-elle beaucoup de valeur pour chaque euro investi dans son activité ? Un ROIC supérieur à 15 % est un signal fort.
- Croissance régulière du free cash flow : les flux de trésorerie disponibles augmentent-ils d'année en année, sans trop d'irrégularités ?
- Marge FCF élevée : quelle part du chiffre d'affaires se transforme en cash réel pour les actionnaires ?
- Bilan propre : la dette est-elle raisonnable par rapport aux bénéfices générés ? Une dette nette inférieure à 3 fois l'EBITDA est un repère courant.
- Rachats d'actions réguliers : l'entreprise réduit-elle son nombre d'actions en circulation, augmentant mécaniquement la part de chaque actionnaire ?
- Rentabilité constante : l'entreprise est-elle profitable de façon durable, sans exercices déficitaires ?
- Croissance du chiffre d'affaires : le moteur commercial progresse-t-il sur le long terme ?
- Marge opérationnelle stable ou en hausse : la rentabilité opérationnelle se maintient-elle malgré la compétition et l'inflation ?
- Historique de résultats sans surprises majeures : les résultats publiés sont-ils prévisibles et cohérents ?
- Génération de valeur pour l'actionnaire sur le long terme : dividendes, rachats et réinvestissement créent-ils de la richesse durable ?
Chaque critère est évalué de façon binaire (satisfait ou non). La note finale est simplement le nombre de critères satisfaits. Un 10/10 veut dire que les 10 cases sont cochées en même temps. C'est rare, et c'est précisément pourquoi c'est intéressant.
Ce qui différencie un 9/10 d'un 10/10
La différence entre un 9/10 et un 10/10 tient à un seul critère manquant. Mais lequel ? Et pourquoi est-ce que ça compte ? Voici les cas de figure les plus fréquents.
La croissance du free cash flow légèrement irrégulière est la raison numéro un. Une excellente entreprise peut traverser une année difficile : acquisition intégrée, investissement exceptionnel, recul cyclique du secteur. Le FCF baisse une fois, alors que la qualité structurelle de l'entreprise est intacte. Résultat : 9/10 au lieu de 10/10. Ce n'est pas une catastrophe.
Un bilan légèrement tendu est une autre cause courante. Si la dette nette dépasse un peu le seuil retenu (par exemple 3,2 fois l'EBITDA au lieu de 3), le critère "bilan propre" n'est pas validé. Mais l'entreprise reste solide. Ce léger dépassement peut refléter une acquisition récente bien exécutée plutôt qu'un problème de fond.
Les rachats d'actions insuffisants une année constituent le troisième cas typique. Certaines entreprises rachètent massivement leurs titres certaines années et moins d'autres. Si la moyenne reste favorable mais qu'une année passe sous le seuil, le critère n'est pas validé pour cet exercice.
Ce qu'il faut retenir : le passage de 9/10 à 10/10 ne signifie pas forcément une rupture qualitative majeure. Cela signifie surtout que l'entreprise satisfait tous ses critères en même temps, ce qui est un signal de régularité et de discipline opérationnelle très élevée. C'est exigeant, et c'est normal que peu d'entreprises y arrivent.
Des exemples concrets dans notre screener
Regardons des exemples réels pour rendre la distinction concrète.
Acuity Brands (AYI) est noté 9/10 dans notre screener avec un P/FCF de 19,6×. C'est un fabricant américain de solutions d'éclairage intelligent. Le ROIC est élevé, la marge FCF est solide, le bilan est raisonnable et les rachats d'actions sont réguliers. Le critère manquant est probablement lié à la croissance : le secteur de l'éclairage industriel connaît une demande cyclique, et la croissance du FCF n'a pas été parfaitement régulière sur toutes les années retenues. Pourtant, c'est une très bonne entreprise.
Paychex (PAYX) est noté 9/10 avec un P/FCF d'environ 18×. Paychex est l'un des leaders de la gestion de paie et des ressources humaines pour les PME américaines. Modèle récurrent, marges excellentes, bilan solide. Le critère manquant est subtil, peut-être une légère irrégularité dans la croissance du FCF lors d'un exercice spécifique. Cela ne remet pas en cause la solidité du modèle.
Bentley Systems (BSY) est noté 10/10 avec un P/FCF de 22×. C'est un éditeur de logiciels d'infrastructure (ponts, routes, bâtiments industriels). Croissance régulière, ROIC élevé, marge FCF structurellement forte, bilan maîtrisé, rachats d'actions cohérents. Les 10 critères sont satisfaits simultanément. La valorisation à 22× est modérée pour ce niveau de qualité.
Roper Technologies (ROP) est noté 10/10 avec un P/FCF de 14×. Roper est un conglomérat industriel de niche spécialisé dans les logiciels et l'instrumentation. Modèle de croissance par acquisitions disciplinées, FCF très régulier, marge élevée, bilan maîtrisé. À 14× le FCF, c'est l'un des 10/10 les moins valorisés du screener.
| Entreprise | Ticker | Note | P/FCF | Profil |
|---|---|---|---|---|
| Acuity Brands | AYI | 9/10 | 19,6× | Éclairage intelligent, FCF légèrement irrégulier |
| Paychex | PAYX | 9/10 | ~18× | Gestion de paie PME, critère FCF manquant une année |
| Bentley Systems | BSY | 10/10 | 22× | Logiciels infrastructure, 10 critères simultanés |
| Roper Technologies | ROP | 10/10 | 14× | Conglomérat niche, FCF très régulier, valorisation basse |
| ASML | ASML | 10/10 | 51× | Lithographie semi-conducteurs, valorisation très élevée |
| PayPal | PYPL | 10/10 | 8× | 10/10 avec valorisation exceptionnellement basse |
Pour le stock-picking, est-ce que ça change grand chose ?
La réponse honnête est : pas autant qu'on pourrait le croire. Et c'est une des nuances importantes à comprendre si tu veux utiliser ce screener intelligemment.
Un 9/10 bien valorisé peut très facilement surperformer un 10/10 cher. Prenons un exemple théorique : une entreprise 10/10 valorisée à 50× son FCF et une entreprise 9/10 valorisée à 15× son FCF. Si les deux ont une croissance similaire, la seconde offre une marge de sécurité bien plus grande et un potentiel de rendement supérieur. La note reflète la qualité, mais la performance dépend aussi du prix payé.
ASML illustre ce point parfaitement. C'est un 10/10 : le leader mondial incontesté de la lithographie pour semi-conducteurs, avec un moat quasi infranchissable. Mais à 51× le FCF, la valorisation intègre déjà énormément d'optimisme. Un investisseur achetant ASML aujourd'hui paie une prime très élevée pour cette qualité. Ce n'est pas forcément une erreur, mais c'est un point à considérer sérieusement.
À l'inverse, PayPal est noté 10/10 et se valorise à seulement 8× son FCF. La qualité fondamentale est là, et le marché applique une décote sévère pour des raisons perçues (ralentissement de la croissance, concurrence des wallets). C'est exactement le type de configuration que je cherche : qualité élevée, valorisation basse.
La note 9/10 ou 10/10 est donc un filtre de qualité minimum, pas une garantie de performance. Elle t'indique que l'entreprise est solide. Mais le rendement futur dépend aussi du prix auquel tu l'achètes aujourd'hui.
La vraie question : qualité et valorisation combinées
Ma méthode repose sur deux piliers indissociables : la qualité fondamentale (mesurée par la note /10) et la valorisation (mesurée par le P/FCF). Une action qui satisfait les deux critères simultanément est ce que je cherche en priorité.
Un 10/10 avec un P/FCF inférieur à 20× est une configuration rare et attractive. Roper Technologies (ROP) à 14× en est un bon exemple. Un 9/10 avec un P/FCF inférieur à 20× est également très intéressant : la légère imperfection de la note est largement compensée par la marge de sécurité offerte par la valorisation.
En pratique, voici comment j'utilise ces deux dimensions ensemble :
- Note 10/10 + P/FCF bas (< 20×) : configuration idéale, priorité maximale.
- Note 10/10 + P/FCF élevé (> 40×) : qualité indéniable, mais la valorisation demande de la patience ou une croissance très soutenue pour justifier le prix.
- Note 9/10 + P/FCF bas (< 18×) : très intéressant. Le critère manquant est souvent mineur, et la valorisation offre une vraie marge de sécurité.
- Note 9/10 + P/FCF élevé (> 35×) : à surveiller, pas à acheter dans l'urgence.
- Note < 7/10 : je ne m'y attarde pas, quelle que soit la valorisation.
Le screener disponible sur <a href="/screener">lubin-investment.com/screener</a> te permet de filtrer les actions selon la note et le P/FCF simultanément. C'est là que la distinction 9/10 vs 10/10 prend tout son sens : en combinant les deux dimensions, tu identifies rapidement les opportunités à analyser en priorité.
Tu veux aller plus loin sur une action précise ? L'outil <a href="/analyser">d'analyse individuelle</a> décompose les 10 critères un par un, te montre lequel échoue et pourquoi, et te donne le P/FCF actuel avec une mise en perspective historique. C'est la façon la plus efficace de comprendre pourquoi une action est notée 9/10 plutôt que 10/10.
FAQ
Qu'est-ce qu'un 10/10 dans votre screener ?
Un 10/10 signifie que l'entreprise satisfait simultanément les 10 critères fondamentaux retenus : ROIC élevé, croissance régulière du free cash flow, marge FCF élevée, bilan propre, rachats d'actions cohérents, rentabilité durable, croissance du chiffre d'affaires, marge opérationnelle stable, résultats prévisibles et création de valeur long terme. C'est rare : parmi 5 000+ actions analysées, seule une petite minorité atteint ce score.
Un 9/10 est-il vraiment inférieur à un 10/10 ?
Pas nécessairement en termes de qualité réelle. Un 9/10 signifie qu'un seul critère n'est pas satisfait, souvent pour une raison ponctuelle (une année de FCF légèrement en baisse, une dette un peu trop élevée temporairement, des rachats insuffisants une année). La différence qualitative peut être très faible. Ce qui compte autant, c'est la valorisation : un 9/10 bien valorisé peut surperformer un 10/10 très cher.
Pourquoi ASML est-il noté 10/10 alors qu'il est si cher ?
La note mesure la qualité fondamentale, pas la valorisation. ASML satisfait les 10 critères : ROIC très élevé, FCF en croissance régulière, marge FCF exceptionnelle, bilan solide, rachats d'actions. En revanche, son P/FCF autour de 51× reflète une prime de qualité très élevée. La note et la valorisation sont deux dimensions distinctes dans notre méthode.
Comment trouver des actions bien notées et bien valorisées ?
Le screener disponible sur lubin-investment.com te permet de filtrer simultanément par note (ex. : uniquement les 9/10 et 10/10) et par P/FCF (ex. : inférieur à 20×). C'est la combinaison des deux qui crée les opportunités les plus intéressantes. Tu peux ensuite analyser chaque action individuellement pour comprendre quel critère manque et pourquoi.
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À propos de l'auteur
Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, j'analyse les actions par les fondamentaux depuis plusieurs années et j'investis mon propre argent avec cette méthode. Je l'ai codifiée dans un outil qui juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).