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Semi-conducteurs : nos actions ont-elles plié en juillet ?

2026-07-06 ·

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Le 1er juillet 2026, Meta a annoncé louer sa capacité de calcul excédentaire, semant le doute sur la pénurie de puces IA et faisant chuter tout le secteur : Micron a perdu 13 % en une séance, Intel 9 %, AMD 7 %. Taiwan Semiconductor et ASML, deux valeurs de grande qualité selon notre méthode, ont résisté très différemment.

Le 1er juillet 2026 : l'annonce qui a renversé la table

Le 1er juillet 2026, Meta a annoncé la création de Meta Compute, un service qui consiste à louer à des entreprises extérieures sa capacité de calcul excédentaire, celle qu'elle n'utilise pas encore pour ses propres besoins en intelligence artificielle. Sur le papier, c'est une simple diversification. Dans les faits, ça a instantanément cassé l'histoire que le marché se racontait depuis deux ans : celle d'une pénurie durable de puissance de calcul pour l'IA, où la demande dépasserait toujours l'offre pendant des années. Si Meta, l'un des plus gros acheteurs de puces au monde, a soudain du calcul en trop à revendre, alors peut-être que l'offre rattrape la demande plus vite que prévu. Cette seule idée a suffi à faire chuter en cascade tout un secteur boursier en quelques heures.

Pourquoi la correction a frappé plus fort certains titres que d'autres

Le repli n'a pas touché toutes les actions du secteur de la même façon. Micron, le fabricant de mémoire, a perdu 13 % en une seule séance, soit environ 138 milliards de dollars de valeur boursière effacés en quelques heures. Intel a cédé 9 %, AMD 7 %. En Asie, SK Hynix et Samsung, les deux autres géants mondiaux de la mémoire HBM (la mémoire à haute vitesse utilisée par les puces d'intelligence artificielle), ont chuté respectivement de 9 % et 7 %, provoquant même une suspension temporaire de cotation à la bourse de Séoul. La mémoire a été le segment le plus touché, logique : c'est le maillon où la crainte d'un excès d'offre est la plus directe. ASML, le fabricant néerlandais des machines qui gravent les puces les plus avancées au monde, a reculé d'environ 4,7 %. Taiwan Semiconductor (TSM), le plus grand fondeur de puces au monde, a beaucoup mieux résisté.

Taiwan Semiconductor : la valeur qui a tenu

TSM fabrique environ 85 % des puces les plus avancées au monde, celles qu'on trouve dans les processeurs Nvidia, Apple ou AMD. Aucun de ses clients ne peut partir chez un concurrent : construire une usine capable de rivaliser coûte entre 15 et 30 milliards de dollars et prend plusieurs années, avec un retard technologique de deux à trois ans à combler. Ce monopole industriel n'a strictement rien à voir avec l'annonce de Meta, et le marché semble l'avoir compris : l'action affichait toujours une hausse d'environ 46 % depuis le début de l'année 2026 après la correction, portée par les commandes de Nvidia, AMD, Apple et Broadcom. Elle se négocie autour de 24 fois ses bénéfices attendus, moins cher que Nvidia ou Broadcom. Notre méthode attribue à TSM une note de 9 sur 10, et surtout, l'action se valorise seulement 2,4 fois son free cash flow annuel (le cash réellement généré une fois toutes les factures payées). Un multiple aussi bas laisse très peu de place à la déception : il n'y avait presque rien d'optimiste à corriger dans le prix.

ASML : même qualité, mais un prix plus fragile

ASML détient un quasi-monopole sur la lithographie EUV (extrême ultraviolet), la technologie de gravure indispensable à la fabrication de tous les semi-conducteurs les plus avancés. Sans ses machines, ni TSM, ni Samsung, ni Intel ne peuvent produire les puces les plus performantes. Notre méthode lui attribue la note maximale, 10 sur 10. Mais ASML se valorise 51,6 fois son free cash flow annuel, contre 2,4 fois pour TSM. Un multiple aussi élevé intègre déjà énormément de croissance future dans le prix. Quand un événement comme l'annonce de Meta fait douter le marché de la trajectoire de croissance de l'IA, c'est précisément ce type d'action, chère au regard des attentes, qui a le plus de terrain à perdre, même si rien n'a changé dans son activité réelle. C'est exactement ce qui s'est produit : ASML a reculé plus qu'un titre déjà bon marché comme TSM.

CritèreTaiwan Semiconductor (TSM)ASML
Note qualité (méthode Lubin)9 sur 1010 sur 10
Valorisation (P/FCF)2,4 fois le cash annuel51,6 fois le cash annuel
MonopoleFonderie avancée (environ 85 % du marché)Lithographie EUV (quasi exclusif)
Réaction à la correction de juilletRésiste bien, encore +46 % depuis janvier 2026Recul d'environ 4,7 %

Pas la première fois que ce genre de peur frappe le secteur

Ce n'est pas la première correction du genre depuis le début du boom de l'IA. Chaque fois qu'un doute surgit sur la solidité de la demande, tout le secteur des semi-conducteurs encaisse le choc en même temps, avant de se redécouper selon la qualité réelle de chaque entreprise dans les semaines qui suivent. Ce qui distingue une correction passagère d'un vrai retournement, c'est ce qui se passe ensuite dans les chiffres publiés par les entreprises elles-mêmes : commandes, marges, guidance. Une chute de cours ne devient un vrai signal qu'une fois confirmée par plusieurs trimestres de résultats, pas par une seule annonce, même spectaculaire.

La leçon derrière ce mouvement de marché

Ce qui s'est passé ces derniers jours illustre exactement pourquoi je sépare toujours deux questions distinctes quand je regarde une action. Un : est-ce une bonne entreprise ? Deux, complètement à part : quel prix le marché me demande-t-il de payer pour elle ? L'annonce de Meta n'a rien changé à la qualité de TSM ou d'ASML : leurs monopoles industriels sont intacts, leurs clients n'ont nulle part où aller. Ce qui a bougé, c'est le prix que les investisseurs sont prêts à payer pour la croissance future, et ce prix dépend directement du récit dominant à un instant donné. Une action qui se valorise déjà à un multiple bas, comme TSM, a moins de récit optimiste à perdre. Une action qui se valorise à un multiple élevé, comme ASML, en a davantage, même si sa qualité fondamentale reste, elle, inchangée.

Ce que je surveille maintenant

Je ne prétends pas savoir si Meta Compute annonce vraiment un excès de capacité de calcul IA ou si le marché a simplement réagi de façon excessive à une nouvelle isolée. Personne ne le sait avec certitude à ce stade. Ce que je fais, en revanche, c'est appliquer la même grille avant et après la nouvelle : la qualité du business d'abord, le prix ensuite. Sur cette base, TSM reste une action de très grande qualité à un prix qui laisse une vraie marge de sécurité. ASML reste tout aussi solide sur le plan industriel, mais à un prix qui suppose que la croissance de l'IA continue sans accroc pendant encore longtemps. Tu peux consulter le détail de chaque critère sur la <a href='/analyse/TSM'>page d'analyse de TSM</a> et la <a href='/analyse/ASML.AS'>page d'analyse d'ASML</a>, ou lire nos analyses complètes de <a href='/blog/taiwan-semiconductor-tsm-analyse-fondamentale'>Taiwan Semiconductor</a> et <a href='/blog/asml-holding-analyse-fondamentale-monopole-euv'>ASML</a>.

FAQ

Qu'est-ce que Meta Compute ?

C'est un service annoncé par Meta le 1er juillet 2026 pour louer à des entreprises extérieures sa capacité de calcul excédentaire, celle qu'elle n'utilise pas pour ses propres projets d'intelligence artificielle. L'annonce a fait craindre au marché que la pénurie de puissance de calcul IA, redoutée jusque là, soit moins sévère que prévu.

Pourquoi les semi-conducteurs ont-ils tous chuté en même temps ?

Parce que l'ensemble du secteur était valorisé sur l'hypothèse d'une demande d'intelligence artificielle qui dépasserait durablement l'offre. Dès que cette hypothèse a été mise en doute, les investisseurs ont réévalué tout le secteur en même temps, en particulier les fabricants de mémoire les plus directement exposés.

TSM et ASML restent-ils de bonnes actions après cette correction ?

Sur la qualité du business, oui pour les deux : leurs monopoles industriels sont intacts. La différence est dans le prix. TSM se valorise 2,4 fois son cash annuel, un niveau qui laisse une marge de sécurité. ASML se valorise 51,6 fois, un niveau qui suppose que rien ne vienne perturber sa trajectoire de croissance.

C'est quoi, le P/FCF ?

Le P/FCF (price to free cash flow) compare le prix de l'action au cash que l'entreprise génère vraiment chaque année, une fois toutes ses factures payées. Un P/FCF de 10 veut dire que tu paies aujourd'hui dix années de ce cash. Plus il est bas, moins l'action est chère.

Faut-il acheter la baisse sur les semi-conducteurs ?

Je ne donne pas de conseil d'achat individuel. Cet épisode montre surtout l'intérêt de séparer la qualité d'une entreprise du prix qu'on paie pour elle : une nouvelle ponctuelle change rarement la qualité réelle d'un monopole industriel, mais elle peut faire bouger le prix de façon disproportionnée. Fais tes propres recherches avant toute décision.

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À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).