Lubin Investment · Blog

Pourquoi je ne juge jamais une banque comme une autre action

2026-07-08 ·

Analyser une action sur Lubin Investment

Pour la plupart des entreprises, je compare le prix de l'action au cash qu'elle génère (le P/FCF). Mais le bilan d'une banque n'a rien à voir avec celui d'une usine ou d'un éditeur de logiciels : les prêts et les dépôts faussent ce calcul. Voici pourquoi je regarde les banques différemment, avec Goldman Sachs comme exemple concret.

À retenir

Pourquoi le bilan d'une banque casse mes calculs habituels

Pour une entreprise classique, le free cash flow se calcule simplement : le cash généré par l'activité, moins les investissements nécessaires pour tourner (le capex). Une banque, elle, n'a pas d'usine ni de stock au sens classique. Son bilan est fait de prêts qu'elle accorde (c'est son activité) et de dépôts qu'elle reçoit (c'est en partie son financement). Ces deux montants bougent énormément d'une année sur l'autre, pour des raisons qui n'ont souvent rien à voir avec la rentabilité réelle de la banque : une forte collecte de dépôts un trimestre peut faire exploser un flux de trésorerie sans que l'activité sous-jacente ait changé.

Résultat : le P/FCF d'une banque peut paraître extrêmement bas, ou extrêmement élevé, sans que ça reflète vraiment sa qualité ou son prix réel.

L'exemple concret de Goldman Sachs

Goldman Sachs se négocie à 5,7 fois son free cash flow, un chiffre qui, pour n'importe quelle autre entreprise, crierait à l'aubaine extrême. Mais si je regarde mon indicateur de rendement du capital investi en cash, censé mesurer combien de cash la banque génère pour chaque dollar réinvesti, il n'est tout simplement pas calculable pour Goldman avec ma formule habituelle : le free cash flow ajusté ressort négatif ou nul sur la période, un artefact du modèle bancaire plutôt qu'un vrai signal d'alerte.

Ce que je regarde à la place

Pour une banque, je garde le P/FCF, mais uniquement en comparaison relative avec ses pairs du même secteur : Goldman à 5,7 fois contre une médiane de 16,4 fois pour la banque d'affaires reste un signal utile, même si le chiffre absolu est fragile. Je m'appuie ensuite sur des indicateurs qui restent fiables quelle que soit l'entreprise : la marge nette (est-ce que la banque est rentable, tout simplement ?), la croissance des revenus, le dividende et son taux de distribution, et le nombre d'actions en circulation (rachète-t-elle ou dilue-t-elle ?).

Ce que ça change pour toi

Si tu regardes une banque, une compagnie d'assurance ou tout autre établissement financier sur mon site et que tu vois un P/FCF qui semble incroyablement bas, ne te précipite pas. Regarde-le en comparaison avec ses pairs du secteur, jamais en valeur absolue isolée, et croise-le avec la rentabilité et le dividende. C'est exactement pour ça que je maintiens des comparatifs sectoriels sur chaque fiche : le contexte change tout.

FAQ

Pourquoi le P/FCF est-il moins fiable pour une banque ?

Le bilan d'une banque est fait de prêts et de dépôts qui varient fortement d'une année sur l'autre pour des raisons sans lien avec sa rentabilité réelle, ce qui fausse le calcul du free cash flow.

Goldman Sachs est-elle vraiment sous-évaluée avec un P/FCF de 5,7× ?

C'est un signal positif en comparaison relative avec ses pairs de la banque d'affaires (médiane à 16,4×), mais la valeur absolue du ratio est moins fiable pour une banque que pour une entreprise classique.

Que regardez-vous à la place du P/FCF pour une banque ?

La comparaison avec ses pairs du même secteur, la marge nette, la croissance des revenus, le dividende et son taux de distribution, et l'évolution du nombre d'actions en circulation.

Cette limite s'applique-t-elle à toutes les entreprises financières ?

Oui, dans une mesure variable : assurances, banques et autres établissements dont le bilan est dominé par des actifs et passifs financiers demandent la même prudence sur le P/FCF en valeur absolue.

Analyser une action sur Lubin Investment

À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).