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Weatherford ou Tidewater : quelle action pétrolière choisir ?

2026-07-14 ·

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Weatherford et Tidewater obtiennent chacune 9 critères sur 10 dans mon filtre qualité, mais racontent deux histoires différentes : Weatherford a appris la discipline financière après une faillite, Tidewater consolide la flotte mondiale de navires de support offshore. Les deux profitent du regain de tension sur le pétrole, mais leurs valorisations et leurs risques ne se ressemblent pas. Voici mon comparatif.

Deux paris différents sur le même redressement pétrolier

Le secteur des services pétroliers a traversé une décennie difficile : la baisse des cours du pétrole entre 2014 et 2020, puis le choc du Covid, ont poussé de nombreux acteurs vers la faillite ou la vente à la casse. Aujourd'hui, avec un regain de tension géopolitique autour du détroit d'Ormuz qui pousse les cours du pétrole à la hausse, deux entreprises nées de ce nettoyage sectoriel se distinguent dans mon filtre qualité : Weatherford International et Tidewater. Toutes deux obtiennent 9 critères sur 10, mais leurs histoires, et leurs prix, sont très différents.

Weatherford : le survivant qui a appris la discipline

Weatherford a fait faillite en 2019, écrasée par une dette accumulée pendant les années fastes du pétrole cher. L'entreprise qui en est ressortie est méconnaissable : plus de 150 millions de dollars d'économies de personnel en 2025 (environ 2000 postes supprimés), une dette nette ramenée à seulement 1,01 fois son free cash flow annuel selon mon filtre (la société elle-même communique un levier proche de 0,42 fois l'EBITDA après sa restructuration), et une conversion du cash en forte amélioration. L'entreprise est même en train de changer de domiciliation, de l'Irlande vers le Texas, pour se rapprocher administrativement de sa base de clients américaine.

Mon filtre lui accorde 9 critères sur 10. Sa marge de free cash flow, l'argent réellement disponible une fois toutes les factures payées, ressort à 9,6 %, un chiffre correct mais pas exceptionnel pour le secteur, hérité d'une activité intrinsèquement capitalistique (forage, équipements lourds). Le point qui mérite un peu de prudence : le critère de conversion du bénéfice en cash passe de justesse, à peine au-dessus du seuil. Rien d'alarmant, mais un point à surveiller sur la durée. Le principal nuage sur 2026 est plus géographique que financier : un effondrement des revenus au Mexique pèse sur les prévisions, un risque commun à plusieurs prestataires pétroliers exposés à Pemex, la compagnie pétrolière publique mexicaine en difficulté financière.

Tidewater : le consolidateur des mers

Tidewater joue un jeu différent. L'entreprise possède la plus grande flotte mondiale de navires de support offshore, ces bateaux qui ravitaillent et assistent les plateformes pétrolières en mer, et elle s'est reconstruite en rachetant des flottes en difficulté à chaque creux du cycle : GulfMark en 2018, Swire Pacific Offshore en 2022, les navires de ravitaillement de Solstad en 2023, et maintenant Wilson Sons/Ultratug au Brésil, environ 500 millions de dollars pour 22 navires, une acquisition qui doit se conclure mi-2026.

Cette stratégie de consolidation explique un chiffre qui, sinon, inquiéterait : le nombre d'actions en circulation progresse de 4,4 % par an, le seul critère qui échoue franchement dans mon filtre. Ce n'est pas une dilution gratuite, c'est le prix à payer pour financer des rachats de flotte à des valorisations avantageuses plutôt que de tout financer par la dette. Le pari sous-jacent est structurel : la flotte mondiale de navires de support devrait se réduire de près de moitié dans la prochaine décennie, à mesure que les navires vieillissent au-delà de 25 ans, ce qui devrait maintenir des tarifs journaliers élevés sur le long terme. À court terme, cependant, ces tarifs montrent des signes de tassement : les contrats signés au premier trimestre 2026 sur les navires de ravitaillement les plus petits se négocient environ 30 % moins cher qu'un an plus tôt.

Le comparatif chiffré

CritèreWeatherford (WFRD)Tidewater (TDW)
Note qualité (mon filtre)9 / 109 / 10
Croissance des ventes+12,3 %/an+44,0 %/an
Marge de free cash flow9,6 %19,9 %
Rendement du capital investi17,0 %17,3 %
Dette nette / free cash flow1,01×0,38×
P/FCF actuel (valorisation)environ 16×environ 13,5×
Prix d'achat raisonnable (mon modèle)104,03 $166,24 $
Cours mi-juillet 2026environ 100 $environ 74 $

Ce qui les sépare vraiment : la valorisation

Weatherford se valorise environ 16 fois son free cash flow (P/FCF), pour un cours autour de 100 dollars mi-juillet 2026, proche de mon prix d'achat raisonnable de 104,03 dollars. Autrement dit, l'action se traite presque à son juste prix selon mon modèle, ni une aubaine ni une survalorisation.

Tidewater se valorise environ 13,5 fois son free cash flow, pour un cours autour de 74 dollars, alors que mon modèle situe son prix d'achat raisonnable à 166,24 dollars, plus du double du cours actuel. C'est un écart si important qu'il mérite d'être traité avec prudence plutôt qu'avec enthousiasme : mon modèle utilise la rentabilité récente pour estimer une valeur, et une entreprise qui sort d'un cycle de rachats de flotte et de reprise des tarifs journaliers peut afficher une rentabilité récente qui ne se répète pas forcément à l'identique. Un écart aussi large est aussi le signe que le marché intègre une prime de risque plus élevée sur la cyclicité du secteur offshore que ne le fait mon modèle.

Le vrai risque commun aux deux

Les deux entreprises restent des paris sur le cycle pétrolier et gazier, pas seulement sur leur propre exécution. Pour Weatherford, le risque le plus immédiat est la concentration de la baisse d'activité au Mexique. Pour Tidewater, c'est le tassement déjà visible des tarifs journaliers sur les navires les plus petits, qui pourrait s'étendre si l'activité de forage offshore ralentit avant que la contraction de l'offre mondiale de navires ne fasse pleinement effet. Dans les deux cas, une rechute des prix du pétrole effacerait une bonne partie de la thèse, quelle que soit la qualité de la gestion.

Weatherford publie ses résultats le 20 juillet 2026, Tidewater le 3 août. Ces publications permettront de vérifier si la discipline sur les coûts (Weatherford) et la dynamique des tarifs journaliers (Tidewater) évoluent comme prévu.

Lequel je préfère

Je ne recommande jamais un titre en particulier, mais les deux dossiers n'offrent pas le même profil. Weatherford se traite près de son juste prix : c'est un dossier de qualité, mais sans grande marge de sécurité aujourd'hui, avec un risque géographique identifié (Mexique). Tidewater affiche un écart de valorisation bien plus large selon mon modèle, ce qui peut séduire un investisseur qui croit à la thèse de resserrement de l'offre de navires sur le long terme, à condition d'accepter une cyclicité plus marquée et deux signaux de prudence (dilution, conversion du cash légèrement sous 1). La qualité les réunit, la valorisation et le profil de risque les séparent.

FAQ

Pourquoi Weatherford a-t-elle fait faillite en 2019 ?

Weatherford avait accumulé une dette excessive pendant les années de pétrole cher. La chute des prix du pétrole a rendu cette dette intenable, menant à une restructuration en 2019. L'entreprise qui en est ressortie a une dette bien plus faible et une discipline de coûts stricte.

Pourquoi le nombre d'actions de Tidewater augmente-t-il ?

Tidewater finance une partie de ses rachats de flottes de navires (GulfMark, Swire Pacific Offshore, Solstad, Wilson Sons) en émettant de nouvelles actions plutôt qu'en s'endettant davantage, ce qui dilue les actionnaires existants mais évite un levier financier excessif.

Pourquoi l'écart entre le prix d'achat raisonnable de Tidewater et son cours actuel est-il si important ?

Mon modèle utilise la rentabilité récente pour estimer une valeur. Une entreprise cyclique qui sort d'un creux peut afficher des chiffres momentanément favorables. Un écart aussi large mérite prudence plutôt qu'enthousiasme immédiat.

Faut-il acheter Weatherford ou Tidewater maintenant ?

Les deux obtiennent une bonne note qualité, mais avec des profils de risque différents : Weatherford se traite près de son juste prix avec un risque géographique identifié, Tidewater affiche un écart de valorisation plus large mais une cyclicité plus marquée. Ceci n'est pas un conseil en investissement personnalisé, fais tes propres recherches.

Le regain de tension au Moyen-Orient profite-t-il aux deux entreprises ?

Une hausse des prix du pétrole liée aux tensions géopolitiques soutient généralement la demande de services pétroliers et de navires de support offshore, mais aucune des deux entreprises ne contrôle cette variable macroéconomique.

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À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).