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Les 11 meilleures actions sous-évaluées en bourse : juin 2026

2026-06-16 ·

En juin 2026, 11 actions obtiennent la note maximale dans mon screener et s'échangent à des valorisations basses pour leur niveau de qualité : RNR, UVE, MCY, ACGL, KNSL, PGR, CINF dans l'assurance, plus AFYA (éducation brésilienne), KGC (or), HAE (dispositifs médicaux) et BKNG (voyage en ligne). Voici ma méthode et ces 11 dossiers.

Ma méthode : qualité d'abord, prix ensuite

Je juge toujours la qualité d'un business séparément de son prix. Ce sont deux questions différentes et beaucoup d'investisseurs les confondent. Une entreprise fantastique achetée trop cher reste un mauvais placement. Une entreprise médiocre à prix cassé reste médiocre.

Mon screener attribue une note sur 10 à chaque action en évaluant 10 critères financiers objectifs. La rentabilité (est-ce que l'entreprise gagne de l'argent ?), la croissance des revenus et du cash sur 5 ans, le rendement du capital investi (ce que j'appelle le Cash ROCE : pour 100 euros de capital, combien l'entreprise génère-t-elle de cash ?), la maîtrise de la dette, les rachats d'actions (signe que le management croit en l'entreprise), et l'expansion des marges. Un 10/10 signifie que tous ces critères passent. Ce n'est pas banal : la majorité des actions cotées ne l'obtiennent pas.

Une fois la qualité confirmée, je regarde la valorisation via le P/FCF (price-to-free-cash-flow) : le prix de l'action divisé par le cash que l'entreprise génère vraiment chaque année, une fois toutes ses dépenses payées. Un P/FCF de 5 signifie que tu paies aujourd'hui cinq ans de ce cash. Moins c'est élevé, moins l'action est chère. Ce palmarès regroupe les 10/10 dont le P/FCF reste sous un seuil que je considère raisonnable.

Les 11 actions de juin 2026

Voici la liste complète, classée par P/FCF croissant. Le Cash ROCE indique le rendement du capital : plus il est élevé, plus l'entreprise crée de la valeur à partir du capital qu'elle emploie.

Pourquoi ces actions sont décotées : les vraies raisons

Une décote a toujours une raison. Elle peut être justifiée (le business se détériore vraiment) ou exagérée (la peur du marché dépasse la réalité). Mon travail est de distinguer les deux.

Le secteur assurance occupe 7 des 11 places parce que le marché anticipe deux risques : la montée des catastrophes climatiques (ouragans, incendies, inondations qui coûtent de plus en plus cher aux assureurs), et une complexité comptable qui décourage l'analyse. Ce n'est pas irrationnel. Mais les assureurs de qualité ont démontré leur capacité à ajuster leurs primes. Progressive en est l'exemple : croissance des revenus de 18 % par an sur cinq ans, avec une discipline de souscription reconnue.

AFYA (éducation médicale brésilienne) affiche un P/FCF de 1,1 fois. À ce prix, tu paies un peu plus d'un an de cash généré. La décote reflète le risque Brésil (politique monétaire, réforme du système de santé) et le risque de change pour un investisseur en euros ou en dollars. Pourtant le business est solide : marge FCF de 31,6 %, Cash ROCE de 19,8 %, croissance de 16,7 % par an. Le marché panique sur la géographie, pas sur les fondamentaux.

Booking Holdings (BKNG) est le dossier le plus cher de cette liste à 16,6 fois son cash annuel. Mais pour une entreprise qui affiche un Cash ROCE de 161,6 % (extraordinaire : pour 100 dollars de capital, elle génère 161 dollars de cash), et qui rachète ses propres actions à hauteur de 5,9 % par an, c'est encore raisonnable. Le marché redoute un ralentissement du tourisme mondial et la concurrence d'Airbnb. Ces risques existent. Mais la position dominante de Booking (environ 45 % des réservations en ligne mondiales) est un moat, un fossé concurrentiel, très difficile à combler.

Les risques à ne pas ignorer

Je reviens là-dessus parce que c'est important. Un P/FCF bas n'est jamais une garantie. Il l'est seulement si la qualité tient dans le temps. Trois risques structurels sur cette liste méritent d'être nommés.

Le risque géographique pour AFYA et MCY : une forte exposition à une région (Brésil pour AFYA, Californie pour Mercury) peut transformer un trimestre exceptionnel en perte brutale si le contexte politique ou climatique se détériore. Haemonetics (HAE) a une dette élevée à 3,54 fois son cash annuel, au-dessus de mon seuil habituel. C'est un point de vigilance réel même si les marges et la croissance compensent partiellement.

KGC (Kinross Gold) est une minière d'or. Le cours de l'or peut varier fortement. Si l'or baisse de 20 %, le free cash flow de Kinross baisse beaucoup plus que 20 % : les mines ont des coûts fixes élevés. Le P/FCF de 13,2 fois est raisonnable aujourd'hui, mais il peut devenir élevé très vite si l'or corrige.

Ce palmarès, chaque mois

Cette liste n'est pas statique. Les cours bougent, les résultats trimestriels changent les notes. Une action qui était à 8/10 peut passer à 10/10 après de bons résultats. Une autre peut sortir si son P/FCF monte trop. C'est pour avoir cette vue en temps réel que j'ai construit mon screener. Tu peux y filtrer par secteur, par note, par P/FCF, et voir les fiches détaillées de chaque action avec les 10 critères évalués un par un.

FAQ

Combien y a-t-il d'actions 10/10 en tout dans le screener ?

Le nombre varie selon les marchés et les trimestres. En juin 2026, une vingtaine d'actions obtiennent la note maximale. Ce palmarès des sous-évaluées isole celles dont la valorisation (P/FCF) est encore basse par rapport à leur qualité.

Pourquoi autant d'assureurs dans cette liste ?

Le secteur assurance est particulièrement délaissé par les investisseurs particuliers, ce qui crée des décotes. En plus, l'incertitude liée aux catastrophes climatiques pousse le marché à être plus prudent sur les valorisations. Cela crée une anomalie : des entreprises de qualité exceptionnelle à des prix bas.

Comment est calculé le P/FCF ?

Le P/FCF (price-to-free-cash-flow) = cours de l'action divisé par le free cash flow par action. Le free cash flow, c'est le cash que génère vraiment l'entreprise après avoir payé ses dépenses d'exploitation et ses investissements. C'est la mesure la plus difficile à maquiller, donc la plus fiable pour évaluer si une action est chère ou pas.

AFYA à 1,1 fois son cash annuel, c'est une erreur du marché ?

Pas forcément une erreur, mais une exagération possible. Le business est solide, les marges sont élevées. Le marché intègre un risque Brésil élevé et un risque de change. Si ces risques se matérialisent, la décote est justifiée. Si le business continue sur sa trajectoire, c'est une opportunité. C'est le trade-off à analyser soi-même.

Cette liste suffit-elle pour décider d'acheter ?

Non. C'est un filtre de départ. Chaque action demande une analyse plus approfondie : lire les rapports annuels, comprendre le business model, estimer un prix d'achat raisonnable, évaluer sa propre tolérance au risque. Ce n'est pas un conseil en investissement.

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À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, j'analyse les actions par les fondamentaux depuis plusieurs années et j'investis mon propre argent avec cette méthode. Je l'ai codifiée dans un outil qui juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).