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Combien d'actions faut-il avoir en portefeuille ?

2026-07-09 ·

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La recherche financière (Evans et Archer, 1968) montre qu'une dizaine d'actions suffit à éliminer la majorité du risque propre à chaque entreprise, même si des études plus récentes évoquent plutôt 20 à 40 titres pour un effet maximal. Le vrai enjeu n'est pas un chiffre magique, mais la qualité et l'indépendance des positions choisies.

Le dilemme de tout investisseur en stock picking

Dès qu'on commence à choisir ses actions une par une plutôt que d'acheter un fonds indiciel, une question revient sans cesse : combien de lignes faut-il détenir ? Trop peu, et une seule mauvaise surprise, un scandale comptable, un produit qui échoue, un dirigeant qui déçoit, peut détruire une part importante du portefeuille. Trop, et on se retrouve à gérer un travail à temps plein pour un résultat qui finit par ressembler à celui d'un indice, avec plus d'efforts et souvent plus de frais.

Ce que dit la recherche académique

L'étude fondatrice sur le sujet date de 1968 : Evans et Archer ont montré qu'une dizaine d'actions suffisait déjà à éliminer la plus grande partie du risque propre à chaque entreprise, mesuré par l'écart type des rendements du portefeuille. Ce chiffre de 10 est devenu une sorte de règle populaire dans la littérature financière.

Des travaux plus récents ont nuancé ce résultat. Plusieurs études estiment qu'il faut plutôt 20 à 40 actions, voire davantage selon la méthode de calcul et la période étudiée, pour atteindre l'essentiel de l'effet de diversification. La conclusion honnête, c'est qu'il n'existe pas un chiffre unique validé par tout le monde. Ce qui ressort de façon constante, en revanche, c'est qu'au delà d'une cinquantaine de lignes, chaque action supplémentaire n'apporte quasiment plus rien en réduction de risque, alors qu'elle continue de diluer l'impact de vos meilleures idées.

Le vrai risque que la diversification réduit

Il faut distinguer deux types de risque. Le risque spécifique à une entreprise (qu'un concurrent la dépasse, qu'un scandale éclate, qu'un produit phare échoue) peut être réduit, voire quasiment éliminé, en détenant plusieurs entreprises dont les problèmes ne sont pas corrélés entre eux. C'est ce que la diversification traite. Le risque de marché dans son ensemble (une récession, une hausse brutale des taux, une crise financière généralisée) touche presque toutes les actions en même temps, et aucun nombre de lignes ne vous en protège vraiment. Diversifier réduit le risque de perdre gros sur un accident individuel, pas le risque de traverser une mauvaise année boursière.

Pourquoi le nombre seul ne suffit pas

Détenir 20 actions ne sert à rien si elles sont toutes dans le même secteur, exposées aux mêmes cycles économiques et aux mêmes risques réglementaires. Mon propre screener couvre des dizaines de secteurs différents, de l'assurance à la logistique en passant par les semi-conducteurs et l'immobilier commercial, précisément parce que la vraie diversification vient de l'indépendance des sources de risque, pas seulement du nombre de lignes. Vingt banques régionales américaines diversifient beaucoup moins qu'un portefeuille de dix entreprises réparties sur dix secteurs sans lien entre eux.

Comment j'aborde la question avec ma méthode

Mon screener note plus de 5000 actions selon les mêmes 10 critères, ce qui peut donner envie d'accumuler des dizaines de lignes notées 10 sur 10. Je résiste à cette tentation. Une position que je ne comprends pas vraiment, dont je ne saurais pas expliquer le moat ou le risque principal en une phrase, n'apporte pas de diversification utile : elle ajoute juste de la complexité que je ne maîtrise pas. Je préfère un nombre de lignes plus restreint, mais dont je connais chaque dossier en profondeur, à un grand nombre de positions suivies superficiellement.

Concrètement, je vise une fourchette de 15 à 25 lignes, réparties sur des secteurs qui ne réagissent pas tous de la même façon aux mêmes nouvelles économiques. En dessous de 15, un seul accident individuel pèse trop lourd sur l'ensemble. Au dessus de 25, je commence à perdre la capacité de vraiment connaître chaque entreprise que je détiens, ce qui est, à mes yeux, un risque au moins aussi grand qu'une mauvaise diversification.

Nombre de lignesAvantageInconvénient
Moins de 10Concentration sur les meilleures idéesUn seul accident peut faire très mal
15 à 25 (ma fourchette)Diversifié sans perdre le contrôleDemande un vrai suivi de chaque dossier
Plus de 50Risque spécifique quasiment éliminéDilue vos meilleures idées, ressemble à un indice

Ma règle personnelle

Je ne cherche pas un chiffre magique, je cherche un équilibre : assez de lignes pour qu'un problème isolé sur une entreprise ne ruine pas mon portefeuille, assez peu pour que je puisse expliquer, pour chacune, pourquoi je la détiens et ce qui la ferait douter. C'est exactement pour m'aider à juger chaque dossier sérieusement, qualité d'abord, prix ensuite, que j'ai construit mon site d'investissement. Si tu veux creuser la méthode complète derrière chaque note, ma méthodologie complète détaille les 10 critères, et mon classement des entreprises notées 10 sur 10 te donne un point de départ pour construire un portefeuille diversifié sans sacrifier la qualité.

FAQ

Combien d'actions faut-il vraiment détenir ?

Il n'existe pas de chiffre magique validé par tous les chercheurs. L'étude fondatrice d'Evans et Archer (1968) évoque une dizaine d'actions, des recherches plus récentes plutôt 20 à 40. Personnellement, je vise 15 à 25 lignes réparties sur des secteurs indépendants.

La diversification protège-t-elle contre une crise boursière générale ?

Non. La diversification réduit le risque spécifique à une entreprise (un scandale, un échec produit), mais elle ne protège pas contre un risque de marché global comme une récession ou une crise financière, qui touche presque toutes les actions en même temps.

20 actions dans le même secteur sont elles suffisamment diversifiées ?

Non. La vraie diversification vient de l'indépendance des risques, pas seulement du nombre de lignes. Vingt actions exposées aux mêmes cycles économiques et aux mêmes risques réglementaires diversifient beaucoup moins qu'un plus petit nombre d'entreprises réparties sur des secteurs sans lien.

Pourquoi ne pas simplement détenir 50 actions pour maximiser la diversification ?

Au delà d'une cinquantaine de lignes, chaque action supplémentaire apporte très peu de réduction de risque en plus, tout en diluant l'impact de vos meilleures idées et en rendant plus difficile un suivi sérieux de chaque dossier.

Comment savoir si mon portefeuille est trop concentré ?

Si un seul problème sur une entreprise, une fraude, un procès, un produit qui échoue, pourrait faire chuter ton portefeuille total de plus de quelques pourcents, c'est un signe de concentration excessive sur cette ligne.

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À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).