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Faut-il acheter l'action JPMorgan (JPM) en 2026 ?

2026-07-09 ·

JPM : voir l'analyse complète sur Lubin Investment

JPMorgan Chase valide 7 de mes 10 critères de qualité et se négocie à un prix qui semble bon marché pour une banque de cette taille. Mais mon calcul du juste prix, plus strict qu'un simple ratio, place la barre au dessus du cours actuel. Voici pourquoi je n'achète pas encore, malgré une entreprise que je juge sérieuse.

La banque que tout le monde regarde, pour de bonnes raisons

JPMorgan Chase n'est pas une banque parmi d'autres. C'est la plus grande banque des États-Unis par les actifs, un poids lourd du Dow Jones, et le genre d'entreprise que les analystes citent en premier quand ils veulent prendre le pouls du système financier américain. Avec une capitalisation boursière proche de 837 milliards de dollars, elle pèse à elle seule plus que le PIB de nombreux pays.

Quand une action de cette taille traverse mon screener avec une note de 7 sur 10, ça mérite qu'on s'arrête. Pas parce que le score est parfait : il ne l'est pas. Mais parce qu'une banque mondiale qui valide 7 critères objectifs sur 10 est rare. La plupart des grandes banques que j'ai passées au crible plafonnent plus bas.

Une rentabilité qui sort du lot

Premier chiffre qui saute aux yeux : une marge nette de 33,3 %. Sur 100 dollars de revenus, JPMorgan en garde 33 en bénéfice net. Peu d'entreprises, tous secteurs confondus, atteignent ce niveau. Pour une banque, c'est le signe d'une machine bien huilée : coûts de financement maîtrisés, effet d'échelle, revenus diversifiés entre banque de détail, banque d'investissement et gestion d'actifs.

Le taux de conversion du bénéfice en cash dépasse même 250 %, un chiffre qui paraît étrange à première vue. C'est une particularité des banques : leur bilan est fait d'actifs et de passifs financiers, pas d'usines ni de stocks, donc le free cash flow (le cash qui reste une fois les investissements payés) se comporte différemment que chez une entreprise industrielle. Je note ce chiffre, mais je reste prudent sur ce qu'il signifie vraiment pour un établissement financier : je préfère toujours le croiser avec la marge nette et la qualité du bilan.

Le point faible : le cash par action recule

Voici ce qui m'inquiète davantage. Sur cinq ans, le free cash flow par action de JPMorgan a reculé de 47,2 % par an en moyenne. C'est le seul critère qui échoue franchement dans mon screener. La croissance des revenus, elle, avance de 7,7 % par an, sous mon seuil de 10 %, donc en zone d'alerte plutôt qu'en échec pur.

Deux explications possibles, et je n'ai pas de certitude sur laquelle domine : une base de comparaison exceptionnellement haute il y a cinq ans (les banques américaines ont connu des années de trading et de taux d'intérêt très favorables), et une consommation de capital plus lourde ces dernières années pour respecter les nouvelles exigences réglementaires de fonds propres. Ce que je retiens : JPMorgan continue de racheter ses actions, à un rythme de 2,01 % par an, ce qui limite la casse pour l'actionnaire même quand le cash total ralentit.

Le moat : la taille elle même

Le moat de JPMorgan, son avantage concurrentiel durable, tient en un mot : l'échelle. Une base de dépôts colossale et peu coûteuse, une technologie propriétaire dans laquelle la banque investit des milliards chaque année, que ses concurrents plus petits ne peuvent pas suivre, et un statut d'établissement systémique qui rassure les clients institutionnels en période de stress. Quand Bear Stearns et First Republic ont vacillé, c'est JPMorgan qui les a rachetées, pas l'inverse.

Côté gestion, la banque a un historique de discipline sur le capital : dividende régulier, rachats d'actions constants, et une réputation de prudence sur les risques qui a plutôt bien tenu lors des crises passées. Ce n'est pas un jugement définitif, aucune banque n'est à l'abri d'un accident de crédit, mais c'est un point rassurant sur la qualité de gestion.

Le prix : bon marché sur un critère, cher sur un autre

C'est là que l'histoire devient intéressante. Sur le critère du P/FCF, le prix de l'action rapporté au cash généré chaque année, JPMorgan se valorise à 5,6 fois son cash flow. Mon seuil de tolérance est fixé à 25 fois : JPMorgan est donc très largement dans les clous, l'une des valorisations les plus basses que j'observe sur une banque mondiale.

Mais mon prix d'achat raisonnable, qui prend en compte davantage de paramètres que ce seul ratio (la trajectoire de croissance, la qualité du bilan, une marge de sécurité), le place à 275,86 dollars. L'action se négocie aujourd'hui autour de 335 dollars, soit près de 22 % au dessus de ce seuil. Le ratio dit bon marché, mon calcul du juste prix dit pas encore. Les deux ne se contredisent pas, ils mesurent des choses différentes : le P/FCF compare le prix au cash généré cette année, tandis que le prix d'achat raisonnable essaie d'anticiper si ce cash va continuer de croître, ralentir, ou reculer, comme cela vient d'arriver sur le FCF par action.

CritèreJPMorganSeuil de ma méthode
P/FCF5,6 foismoins de 25 fois
Marge nette33,3 %positive
FCF par action (5 ans)-47,2 %/anplus de 10 %/an
Prix d'achat raisonnable275,86 $cours actuel : 335,47 $

Les résultats du 14 juillet, un test à surveiller

JPMorgan publie ses résultats du deuxième trimestre le 14 juillet 2026, avant l'ouverture des marchés. Le consensus attend un bénéfice par action de 5,74 dollars. Au trimestre précédent, la banque avait battu les attentes de 8 %, avec un bénéfice de 5,94 dollars contre 5,50 attendus. Ce sera l'occasion de voir si le repli du cash par action sur 5 ans reflète un vrai ralentissement structurel ou seulement un effet de base en train de se dissiper.

Je ne fais jamais de pari sur un résultat trimestriel isolé. Ce que je surveille, c'est si la tendance de fond (marges, provisions pour créances douteuses, revenus de trading) confirme ou contredit l'inquiétude que révèle le critère du FCF par action.

Comment je tranche

JPMorgan reste, à mes yeux, une entreprise de grande qualité : rentable, bien gérée, dotée d'un moat réel. Mais qualité ne veut pas dire achat à n'importe quel prix. Tant que l'action reste au dessus de mon seuil de 275,86 dollars, je considère qu'elle n'offre pas encore la marge de sécurité que je recherche, malgré un P/FCF qui semble attractif au premier regard. Je préfère attendre un repli, ou une amélioration nette de la tendance du cash par action, plutôt que de me fier au seul ratio qui, sur cette action précise, raconte une histoire un peu trop optimiste. Pour creuser les chiffres complets, la page d'analyse de JPMorgan détaille chaque critère, et ma méthodologie complète explique comment je sépare qualité et prix.

FAQ

Pourquoi le P/FCF de JPMorgan semble-t-il si bas ?

Parce que les banques ont un profil de free cash flow différent des entreprises industrielles : leur bilan est financier, pas physique. Un P/FCF bas chez une banque ne veut pas automatiquement dire qu'elle est sous-évaluée, c'est pour ça que je complète toujours ce ratio par un prix d'achat raisonnable qui intègre plus de paramètres.

Le recul du free cash flow par action est-il inquiétant ?

C'est le point faible de la note. Une baisse de 47,2 % par an sur 5 ans est significative, même si les rachats d'actions limitent l'impact pour l'actionnaire. Je surveillerai les prochains trimestres pour voir si la tendance se stabilise.

Quand JPMorgan publie-t-elle ses prochains résultats ?

Le 14 juillet 2026, avant l'ouverture des marchés, avec un consensus de 5,74 dollars de bénéfice par action pour le deuxième trimestre.

JPMorgan est-elle un achat maintenant selon ma méthode ?

Pas encore selon mon prix d'achat raisonnable de 275,86 dollars, alors que l'action se négocie autour de 335 dollars. La qualité du business est réelle, mais je n'achète pas une bonne entreprise à n'importe quel prix.

JPMorgan verse-t-elle un dividende ?

Oui, un dividende trimestriel de 1,50 dollar par action au dernier trimestre connu, en hausse régulière depuis plusieurs années, en plus de rachats d'actions constants.

JPM : voir l'analyse complète sur Lubin Investment

À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).