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Actions de qualité : quel prix en bourse en juillet 2026

2026-07-03 ·

Le prix d'une action bouge tous les jours, et la valeur de cash qu'elle génère change à chaque trimestre. Résultat : la valorisation d'une action se recalcule en continu. Voici la photo, début juillet 2026, du prix payé aujourd'hui pour les meilleures entreprises de mon classement, et comment la relire dans le temps.

L'essentiel à retenir

Pourquoi le prix d'une bonne action ne reste jamais figé

Le 3 juillet 2026, je regarde le tableau de bord de mon site et je vois, pour chaque action notée au maximum de ma grille de qualité, un chiffre qui a déjà changé depuis hier : le P/FCF, le prix de l'action divisé par le free cash flow qu'elle génère sur les douze derniers mois. Le free cash flow, c'est l'argent qui reste vraiment dans les caisses de l'entreprise une fois les salaires, les impôts et les investissements payés. Un P/FCF de 10 veut dire que tu paies aujourd'hui dix années de ce cash pour posséder l'action.

Ce chiffre bouge pour deux raisons complètement différentes, et c'est le piège que presque personne ne voit. La première, c'est le prix de l'action, qui varie à chaque seconde où la bourse est ouverte, au gré des humeurs du marché, des taux d'intérêt, des rotations sectorielles. La seconde, c'est le free cash flow lui-même, qui ne bouge pas en continu : il saute par paliers, à chaque nouvelle publication trimestrielle, quand un trimestre tout frais remplace un trimestre vieux d'un an dans le calcul glissant sur douze mois.

Une valorisation n'est donc jamais une vérité gravée dans le marbre. C'est une photo, prise à un instant précis, avec deux curseurs qui bougent à des rythmes différents. La raconter comme un chiffre fixe reviendrait à mentir au lecteur. Le bon réflexe, c'est de savoir quand la relire : juste après chaque publication de résultats, et chaque fois que le cours a fortement bougé.

La photo du 3 juillet 2026, sur mes actions les mieux notées

Avant les chiffres, un mot sur ce que veut dire pour moi une note maximale. Je juge la qualité d'une entreprise sur dix critères financiers concrets, indépendamment de son prix : sa rentabilité, la croissance de ses ventes et de son cash, sa capacité à racheter ses propres actions plutôt qu'à en émettre de nouvelles, la maîtrise de sa dette, entre autres. Une entreprise qui coche les dix cases n'est pas parfaite, mais elle a passé un filtre financier exigeant. Aujourd'hui, 74 actions passent ce filtre dans mon classement (voir ma méthode de notation).

Une fois la qualité vérifiée séparément, reste la question du prix. Voici un extrait représentatif, du moins cher au plus cher, des valorisations actuelles au sein de ces 74 actions notées au maximum :

ActionTickerP/FCF actuel
RenaissanceRe (RNR)RNR2,91×
SkyWest (SKYW)SKYW3,90×
Cal-Maine Foods (CALM)CALM5,01×
W. R. Berkley (WRB)WRB7,04×
Progressive (PGR)PGR7,36×
Cincinnati Financial (CINF)CINF7,43×
GoDaddy (GDDY)GDDY8,41×
Roper Technologies (ROP)ROP13,83×
Intuit (INTU)INTU14,20×
Booking Holdings (BKNG)BKNG15,27×
Paylocity (PCTY)PCTY17,60×
Doximity (DOCS)DOCS18,38×
SLB (SLB)SLB18,92×
Mastercard (MA)MA25,26×
Stryker (SYK)SYK27,09×
Airbnb (ABNB)ABNB27,55×
Moody's (MCO)MCO31,38×
ASML (ASML.AS)ASML.AS51,57×
Shopify (SHOP)SHOP85,68×

L'écart est immense : de moins de 3 fois le cash généré pour RenaissanceRe (RNR) à plus de 85 fois pour Shopify (SHOP). Entre les deux, la majorité des noms se tient dans une fourchette de 15 à 30 fois, ce qui correspond, historiquement, à ce que le marché paie pour une entreprise de qualité affichant une croissance raisonnable.

Comment lire cet éventail sans se faire piéger

Un chiffre bas ne veut rien dire tout seul. Une compagnie de réassurance comme RenaissanceRe ou une compagnie aérienne régionale comme SkyWest (SKYW) sont valorisées à quelques fois leur cash parce que le marché ne leur accorde pas beaucoup de croissance future ni de rareté, pas parce que ce sont de mauvaises entreprises. C'est justement pour ça que la qualité doit être vérifiée avant de regarder le prix : ici, elle l'a déjà été, donc un prix bas devient un vrai signal, pas un piège de valeur.

À l'autre bout, Shopify (SHOP) ou ASML (ASML.AS) se valorisent 50 à 85 fois leur cash parce que le marché parie sur des années de croissance forte devant elles, dans le commerce en ligne ou dans les machines qui fabriquent les puces électroniques les plus avancées au monde. Cher ne veut pas dire mauvais non plus : ça veut dire que tu payes aujourd'hui pour une croissance que l'entreprise doit encore livrer. Le risque n'est pas dans le prix affiché, il est dans l'écart entre ce que tu payes et ce qui sera réellement livré.

C'est pour ça que je regarde toujours les deux informations ensemble sur une fiche comme celle de Paylocity (PCTY) ou de Shopify (SHOP) : la qualité d'abord, ancrée dans les fondamentaux de l'entreprise, puis le prix, qui bouge en permanence autour de cette qualité.

Le piège des comparaisons entre secteurs différents

Un dernier piège : comparer le P/FCF d'une compagnie d'assurance et celui d'un éditeur de logiciel comme s'ils jouaient au même jeu. Une compagnie d'assurance comme W. R. Berkley (WRB) ou Cincinnati Financial (CINF) génère un cash prévisible et régulier, mais rarement en forte croissance : le marché la valorise en conséquence, autour de 7 fois son cash. Un éditeur de logiciel comme Intuit (INTU) ou GoDaddy (GDDY) a un profil de croissance différent, donc une valorisation différente, même à qualité comparable.

Comparer les deux comme si un chiffre plus bas était toujours plus intéressant revient à comparer le rendement d'une obligation et celui d'une action sans tenir compte du risque. Le bon réflexe, c'est de comparer une action à sa propre histoire de valorisation, et à ses pairs directs du même secteur, jamais à l'ensemble du marché en vrac.

Ce qui vient de vraiment bouger : l'exemple Paychex

Je ne vais pas te raconter une fausse histoire du genre : le P/FCF moyen a baissé de tant de pourcent depuis juin. Je n'ai pas de trace vérifiée du chiffre du mois dernier pour chacune de ces actions, et inventer une comparaison serait exactement le genre de raccourci que je reproche aux analyses paresseuses. Ce que je peux faire, en revanche, c'est te montrer un exemple concret de ce qui fait bouger un dénominateur.

Paychex (PAYX), un nom proche de ce tableau, a clôturé son exercice fiscal fin mai et publié ses résultats annuels le 24 juin 2026 : un chiffre d'affaires trimestriel de 1,61 milliard de dollars, en hausse de 12,6 % sur un an, un chiffre d'affaires annuel de 6,5 milliards de dollars, en hausse de 17 %, et un bénéfice par action ajusté de 1,32 dollar. Ce trimestre remplace désormais, dans le calcul glissant sur douze mois, le trimestre publié un an plus tôt.

Concrètement, la valorisation affichée aujourd'hui pour Paychex intègre déjà ce chiffre d'affaires annuel rafraîchi. Dans un mois, un trimestre différent sortira du calcul et un nouveau y entrera. C'est ce mécanisme, discret mais permanent, qu'il faut garder en tête chaque fois que tu lis un ratio de valorisation sans date précise à côté.

Comment je suis ça dans le temps, concrètement

Ma pratique, c'est de revenir sur une valorisation à deux moments précis : juste après que l'entreprise publie ses résultats trimestriels, parce que le dénominateur vient de changer, et après un mouvement de cours important, parce que c'est alors le numérateur qui a bougé. En dehors de ces deux déclencheurs, relire un P/FCF n'apporte que rarement quelque chose de neuf.

C'est exactement pour pouvoir faire ça, en quelques secondes, pour n'importe laquelle des 74 actions notées au maximum de ma grille, ou pour n'importe quelle autre action du marché, que j'ai construit mon site d'investissement. La note de qualité ne bouge presque jamais d'un mois sur l'autre ; le prix, lui, ne s'arrête jamais.

C'est aussi pourquoi je republie ce type de photo régulièrement, après chaque grande saison de résultats trimestriels (fin janvier, fin avril, fin juillet, fin octobre, et les clôtures d'exercices décalés comme celle de Paychex). L'objectif n'est jamais de deviner un mouvement, mais de te donner une lecture honnête et datée, que tu peux comparer toi-même d'une saison à l'autre en gardant tes propres notes.

FAQ

Pourquoi le P/FCF d'une action change-t-il même sans nouvelle importante ?

Parce que le prix de l'action, qui est au numérateur, bouge chaque jour où la bourse est ouverte, même sans actualité particulière sur l'entreprise. Le dénominateur, lui, ne bouge que par paliers, à chaque publication trimestrielle.

Le P/FCF, c'est quoi exactement ?

Le prix de l'action divisé par le free cash flow, c'est-à-dire le cash que l'entreprise génère réellement après avoir payé ses charges et ses investissements. Un P/FCF de 15 veut dire que tu payes aujourd'hui pour quinze années de ce cash.

Une action valorisée à 3 fois son cash est-elle automatiquement une bonne affaire ?

Non. Un prix bas n'est intéressant que si la qualité de l'entreprise a déjà été vérifiée séparément. Sur les noms de ce classement, c'est le cas : la note maximale reflète dix critères financiers, pas le prix.

À quelle fréquence faut-il revérifier la valorisation d'une action ?

Au minimum après chaque publication trimestrielle, puisque c'est ce qui met à jour le free cash flow glissant sur douze mois, et après tout mouvement de cours important.

Où voir la valorisation actuelle d'une action précise ?

Sur la fiche dédiée de mon site, à l'adresse /analyse/ suivie du symbole boursier, ou sur le classement complet, mis à jour en continu.

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À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).