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Bristol-Myers Squibb (BMY) : résultats T2 2026, mon verdict

2026-07-30 ·

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Bristol-Myers Squibb a publié le 30 juillet 2026 un chiffre d'affaires de 13 milliards de dollars (+6 %) et relevé ses objectifs annuels. Mon filtre qualité valide 7 critères sur 10 : la rentabilité est solide, mais la croissance totale reste très faible. Le vrai enjeu, ce n'est pas ce trimestre : c'est la course entre les nouveaux médicaments et l'expiration des brevets des anciens.

Ce qui vient de tomber : un trimestre qui bat largement les attentes

Bristol-Myers Squibb a publié le 30 juillet 2026 ses résultats du 2e trimestre 2026 : chiffre d'affaires de 13 milliards de dollars, en hausse de 6 % sur un an, et un bénéfice par action ajusté de 2,04 dollars, très largement au-dessus des attentes des analystes. Porté par ce trimestre, le groupe a relevé ses objectifs pour l'année entière : chiffre d'affaires désormais attendu entre 49 et 50 milliards de dollars (contre 48,2 milliards en 2025), et bénéfice par action ajusté entre 6,75 et 7,00 dollars (contre 6,15 dollars l'an dernier).

Le moteur du trimestre, c'est ce que l'entreprise appelle son « portefeuille de croissance » : les médicaments plus récents (Opdivo Qvantig, la version sous-cutanée, Reblozyl contre certaines formes d'anémie, Camzyos pour une maladie cardiaque particulière, Breyanzi et Opdualag) ont généré 7,6 milliards de dollars, en hausse de 15 % sur un an. Un bémol notable : Cobenfy, l'antipsychotique lancé en 2024 avec un mécanisme d'action entièrement nouveau (le premier depuis des décennies dans sa catégorie), n'a rapporté que 63 millions de dollars, environ 4 % sous les attentes. C'est un médicament encore jeune sur le marché : son adoption progressive reste à confirmer dans les prochains trimestres.

Pourquoi mon filtre valide seulement 7 critères sur 10

Sur la rentabilité, Bristol-Myers Squibb est solide : marge nette de 12,3 %, profitabilité cash (marge de free cash flow) de 23,4 %, rendement du capital investi en cash (Cash ROCE) de 30,7 %, et surtout un taux de conversion du bénéfice en cash de 190 % (l'entreprise génère presque deux fois plus de cash que de bénéfice comptable, souvent un signe que le résultat net est plombé par des charges non monétaires comme l'amortissement d'actifs incorporels issus d'acquisitions passées, pas par un vrai problème de trésorerie). Le nombre d'actions baisse aussi de 2,19 % par an, un rythme de rachat soutenu.

Mais deux critères échouent nettement, et ils racontent le vrai enjeu de l'industrie pharmaceutique : la croissance des ventes totales ne progresse que de 1,3 % par an en moyenne sur cinq ans, et le free cash flow par action de seulement 2,4 % par an. C'est le mécanisme de la « falaise des brevets » (patent cliff) : un médicament protégé par un brevet peut être vendu sans concurrence directe pendant des années, générant des marges très élevées, mais le jour où le brevet expire, des copies génériques bien moins chères arrivent et le chiffre d'affaires du médicament s'effondre en quelques trimestres. Bristol-Myers Squibb doit faire croître son « portefeuille de croissance » de 15 % par an juste pour compenser le déclin de ses anciens blockbusters arrivés en fin de protection. Pour l'instant, la course est à peu près gagnée (chiffre d'affaires total encore en hausse), mais de justesse.

Le prix : pas extrême, mais le modèle reste prudent

Bristol-Myers Squibb se valorise 11,7 fois son free cash flow annuel (P/FCF), un niveau qui se situe au 64e percentile de ses cinq dernières années : ni franchement cher, ni franchement bon marché pour cette action précise. Pourtant, mon modèle de prix d'achat raisonnable, qui projette la trajectoire de cash par action sur cinq ans, situe le point d'entrée à 31,97 dollars contre un cours actuel de 64,86 dollars : une surcote de 50,7 %.

Comment un multiple pas franchement excessif peut-il quand même signaler une surcote aussi large ? Parce que mon modèle ne regarde pas seulement le multiple actuel : il projette la trajectoire de cash future, et cette trajectoire est freinée par la croissance très faible du free cash flow par action (2,4 % par an) que je viens de détailler. Un P/FCF de 11,7x peut sembler raisonnable pour une entreprise qui grossit de 10 % par an ; il l'est beaucoup moins pour une entreprise dont la croissance de cash par action patine à 2,4 %. C'est tout l'intérêt de séparer le multiple brut de la trajectoire qu'il finance.

Le vrai débat

Toute la thèse Bristol-Myers Squibb se résume à une course : le portefeuille de croissance peut-il accélérer suffisamment pour compenser, puis dépasser, le déclin structurel des anciens médicaments ? Le relèvement des objectifs annuels est un bon signe à court terme. Mais Cobenfy, le catalyseur le plus prometteur à long terme (un nouveau mécanisme d'action, un marché potentiellement immense en psychiatrie), déçoit encore sur ses premiers trimestres. Si Cobenfy accélère dans les prochains trimestres, la thèse s'améliore nettement ; s'il continue de décevoir, la falaise des brevets pourrait reprendre le dessus.

Comment je tranche

Je garde Bristol-Myers Squibb en observation plutôt qu'à l'achat : la rentabilité est réelle et le trimestre rassure à court terme, mais mon modèle indique une surcote de plus de 50 % une fois la faible trajectoire de croissance prise en compte, et le vrai catalyseur (Cobenfy) n'a pas encore fait ses preuves. C'est exactement le genre de nuance que je veux pouvoir juger rapidement pour n'importe quelle action, ce qui m'a poussé à construire mon site d'analyse d'actions.

FAQ

Qu'est-ce que la falaise des brevets (patent cliff) ?

Le moment où le brevet protégeant un médicament expire : des génériques moins chers arrivent, et le chiffre d'affaires du médicament original s'effondre en quelques trimestres. Les laboratoires pharmaceutiques doivent constamment lancer de nouveaux médicaments pour compenser ce déclin sur les anciens.

Pourquoi Bristol-Myers Squibb transforme-t-elle 190 % de son bénéfice en cash ?

Un taux supérieur à 100 % signifie que l'entreprise génère plus de cash que de bénéfice comptable, souvent parce que le bénéfice net est réduit par des charges non monétaires comme l'amortissement d'actifs incorporels issus d'acquisitions passées. Le cash, lui, ne ment pas sur ce point.

Faut-il acheter l'action Bristol-Myers Squibb après ces résultats ?

Mon filtre qualité est mitigé (7/10) et mon modèle indique une surcote de 50,7 % une fois la faible croissance projetée prise en compte. Je préfère attendre que Cobenfy confirme son potentiel avant de revoir mon jugement. Ceci n'est pas un conseil en investissement personnalisé, fais tes propres recherches.

Qu'est-ce que le portefeuille de croissance de Bristol-Myers Squibb ?

L'ensemble des médicaments plus récents du groupe (Opdivo Qvantig, Reblozyl, Camzyos, Breyanzi, Opdualag), qui doivent croître assez vite pour compenser le déclin des anciens blockbusters en fin de protection par brevet.

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À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).