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Faut-il acheter l'action Costco (COST) en 2026 ?

2026-08-02 ·

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Costco valide 7 de mes 10 critères de qualité : une fidélité client quasi inégalée (92,2 % de renouvellement), mais une croissance de ventes qui ralentit sous mon seuil. Le prix, lui, n'a presque jamais varié : l'action se valorise 53,6 fois son free cash flow, quasiment son niveau moyen des cinq dernières années. Mon modèle indique malgré tout une surcote de 49,8 %. Voici pourquoi.

Le piège que presque personne ne voit venir

Costco a un statut à part dans l'esprit des investisseurs : l'entrepôt où tout le monde a une carte, où les files d'attente ne découragent personne, où même les critiques du commerce de masse font une exception. Ce genre de réputation débouche souvent sur un raccourci dangereux : puisque l'entreprise est excellente, l'action serait forcément un bon achat, à n'importe quel prix. C'est exactement la confusion que je refuse de faire. Une entreprise géniale achetée trop cher reste un mauvais placement, et Costco est un cas d'école pour comprendre pourquoi il faut séparer les deux questions.

Je passe donc Costco au même filtre que n'importe quelle autre action : est-ce une bonne entreprise, d'abord (la qualité du business, indépendamment de son prix) ; est-ce un bon prix, ensuite, et complètement à part. Les deux réponses, pour Costco, ne pointent pas dans la même direction.

Est-ce une bonne entreprise ? La fidélité d'abord

Costco valide 7 de mes 10 critères financiers. Le signal le plus impressionnant n'est pas dans le compte de résultat, il est dans un chiffre que peu d'entreprises au monde peuvent afficher : un taux de renouvellement des adhésions de 92,2 % aux États-Unis, sur 82,9 millions de membres payants. Ce chiffre veut dire que sur 100 personnes qui ont payé pour une carte Costco l'an dernier, plus de 92 ont accepté de repayer cette année, sans y être obligées. Peu de marques, dans n'importe quel secteur, obtiennent une telle fidélité répétée année après année.

La meilleure preuve de ce pouvoir de fixation des prix (la capacité à augmenter ses tarifs sans faire fuir ses clients) date de septembre 2024 : Costco a relevé sa cotisation annuelle pour la première fois depuis 2017, soit sept ans sans la moindre hausse. La carte classique est passée de 60 à 65 dollars, la carte Executive de 120 à 130 dollars, une décision qui a touché environ 52 millions d'adhésions. Le fait que le taux de renouvellement soit resté au-dessus de 90 % après cette hausse est la vraie preuve de la fidélité : ce n'est pas juste une intention affichée, c'est un comportement client vérifié sur le terrain.

Sur la partie la plus récente, la dynamique s'accélère plutôt qu'elle ne ralentit : au troisième trimestre de son exercice 2026, les ventes comparables (les ventes des magasins ouverts depuis plus d'un an, qui excluent l'effet des nouvelles ouvertures) ont progressé de 9,8 % sur l'ensemble du groupe, avec des ventes nettes en hausse de 11,6 % à 69,15 milliards de dollars, le meilleur chiffre trimestriel jamais enregistré par l'entreprise. Les revenus de cotisations, eux, ont grimpé de 14 % au deuxième trimestre 2026, à 1,36 milliard de dollars.

Le vrai moteur : les cotisations, pas la marchandise

Voici le mécanisme qui explique tout, et qu'il faut comprendre avant de juger n'importe quel chiffre de Costco : l'entreprise ne gagne presque rien sur ce qu'elle te vend. Sa marge de free cash flow (la part du chiffre d'affaires qui se transforme en cash réellement disponible) n'est que de 2,7 %, un niveau qui ferait fuir n'importe quel investisseur sur une autre action, et qui semblerait signaler une entreprise fragile. Ce n'est pas une faiblesse chez Costco, c'est le modèle lui-même : le magasin vend sa marchandise avec une marge délibérément proche de zéro, pour attirer et retenir les clients, et c'est la cotisation annuelle, quasiment sans coût associé une fois le client inscrit, qui fait le vrai bénéfice.

Comprendre ce mécanisme change la lecture de chaque autre chiffre. Le rendement du capital investi en cash (Cash ROCE, ce que rapporte chaque dollar réinvesti dans l'activité) atteint 27 %, un très bon niveau malgré une marge sur ventes minuscule, précisément parce que les cotisations pèsent lourd dans le résultat final avec très peu de capital à mobiliser pour les collecter. Le bénéfice net progresse de 4,06 milliards de dollars en 2020 à 8,10 milliards en 2025, soit un quasi-doublement en cinq ans, porté à la fois par la croissance du nombre de membres et par les hausses de cotisation, deux moteurs bien plus rentables que la vente de marchandise elle-même.

Le prix : cher, mais pas plus que d'habitude

Le P/FCF (price-to-free-cash-flow, le prix de l'action divisé par le cash généré par action) de Costco ressort aujourd'hui à environ 53,6 fois. Pris isolément, ce chiffre semble énorme : tu payes 53 années de ce cash pour posséder l'action. Mais avant de crier à la bulle, il faut le comparer à son propre passé : la moyenne des cinq dernières années de Costco tourne autour de 54 fois, quasiment le niveau actuel. Sur treize ans, le P/FCF de Costco a oscillé entre un plancher de 16 fois et un plafond de 108 fois, avec une médiane proche de 39 fois. Costco n'est donc pas en train de vivre un accès de folie spéculative inédit : elle se traite, comme presque toujours depuis des années, à un multiple élevé que le marché lui accorde en continu.

Pourquoi le marché paye-t-il un tel prix, année après année, sans jamais vraiment le brader ? Parce qu'un modèle fondé sur des cotisations récurrentes, avec 92,2 % de renouvellement, ressemble presque à un abonnement logiciel plutôt qu'à un distributeur classique : le marché valorise cette prévisibilité comme il valoriserait un revenu récurrent, pas comme une marge de distribution ordinaire. C'est un multiple de qualité perçue, pas un accident de valorisation ponctuel.

Troisième temps, le verdict : est-ce justifié ? C'est là que mon modèle, qui projette la trajectoire de cash par action sur cinq ans plutôt que de se fier au seul multiple constaté, diverge du jugement du marché. Il situe le prix d'achat raisonnable à environ 477 dollars, contre un cours actuel de 952 dollars, soit une surcote de 49,8 %. La raison tient à un détail que le multiple brut ne montre pas : la croissance des ventes sur cinq ans n'atteint que 7,7 % par an, sous mon seuil de 10 %, alors que le prix, lui, n'a quasiment jamais baissé. Le marché paye depuis des années la même prime de qualité, sans réviser son prix à la baisse quand la croissance ralentit légèrement. Mon modèle, plus strict que l'habitude du marché, refuse cette prime constante sans contrepartie de croissance équivalente.

Le vrai débat

Toute la thèse Costco tient dans une tension entre deux lectures. Le momentum le plus récent (ventes comparables à 9,8 %, meilleur trimestre jamais enregistré) suggère une accélération, pas un ralentissement, ce qui pourrait justifier de payer une prime encore plus élevée que la moyenne historique. Mais mon modèle raisonne sur cinq ans de tendance, pas sur le dernier trimestre, et cette tendance plus longue reste sous mon seuil de croissance. Si tu crois que l'accélération récente est le début d'une nouvelle phase durable, la décote du modèle est trop sévère. Si tu penses qu'un bon trimestre ne suffit pas à effacer cinq ans de croissance modérée, mon prix d'achat de 477 dollars reste le bon repère à surveiller.

Comment je tranche

Costco n'est pas une mauvaise entreprise qui se ferait passer pour une bonne : c'est une excellente entreprise, avec une fidélité client que très peu de sociétés au monde peuvent revendiquer, dont le prix n'a simplement jamais eu besoin de baisser pour trouver preneur. Les deux jugements coexistent sans se contredire : qualité solide (7/10), prix qui, selon mon modèle strict, ne laisse aucune marge de sécurité. Je ne parie pas contre Costco, je note un prix, et j'attends qu'il vienne à moi plutôt que de payer la prime de fidélité au prix fort. Tu peux suivre ces chiffres en direct sur la fiche d'analyse de Costco, et comprendre en détail comment je calcule ce prix d'achat raisonnable dans ma méthodologie complète.

FAQ

Pourquoi la marge de Costco est-elle si basse alors que l'entreprise est très rentable ?

Costco vend sa marchandise avec une marge délibérément proche de zéro (marge de free cash flow de 2,7 %) pour attirer et fidéliser ses clients. Le vrai bénéfice vient des cotisations annuelles, quasiment sans coût une fois le membre inscrit, ce qui explique un rendement du capital (Cash ROCE) élevé de 27 % malgré une marge sur ventes minuscule.

Costco est-elle sous-évaluée ou surévaluée en 2026 ?

Selon mon modèle, elle est surévaluée d'environ 49,8 % : mon prix d'achat raisonnable se situe autour de 477 dollars contre un cours proche de 952 dollars. La qualité de l'entreprise n'est pas en cause, c'est la croissance des ventes sur cinq ans (7,7 %/an), sous mon seuil, qui ne justifie pas selon moi la prime actuelle.

Le P/FCF de Costco n'a-t-il jamais été aussi haut ?

Non. À 53,6 fois, il est quasiment identique à sa moyenne des cinq dernières années (autour de 54 fois). Sur treize ans, Costco a déjà atteint un plafond de 108 fois. Ce n'est donc pas un excès ponctuel, c'est le niveau que le marché accorde en continu à ce modèle depuis des années.

Le renouvellement des adhésions Costco est-il vraiment exceptionnel ?

Oui : 92,2 % de renouvellement aux États-Unis sur 82,9 millions de membres payants, un niveau resté stable même après la première hausse de cotisation depuis 2017 (+5 $ sur la carte classique, +10 $ sur l'Executive). Peu d'entreprises dans n'importe quel secteur affichent une fidélité aussi constante.

Faut-il acheter l'action Costco maintenant ?

Ma grille qualité est positive (7/10), mais mon modèle de prix strict indique une surcote de 49,8 % qui ne laisse pas de marge de sécurité au cours actuel. Ceci n'est pas un conseil en investissement personnalisé, fais tes propres recherches avant toute décision.

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À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).