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GoDaddy (GDDY) : l'action web à prix cassé

2026-06-12 ·

GoDaddy obtient la note maximale à ma grille de qualité : très rentable, généreuse en cash, elle rachète massivement ses actions. Le marché la paie pourtant moins de huit fois son free cash flow. Son point faible est une croissance des ventes molle. Voici pourquoi le cash compense, et où est le piège.

GoDaddy, ce n'est plus ce que tu crois

Pour la plupart des gens, GoDaddy reste le vendeur de noms de domaine, celui des pubs un peu kitsch. Cette image a dix ans de retard. Aujourd'hui, GoDaddy est une plateforme d'infrastructure pour les petites entreprises : hébergement de sites, outils de présence en ligne, paiement, marketing, et désormais des assistants basés sur l'IA pour monter une boutique en quelques minutes.

Le client type n'est pas un développeur. C'est un artisan, un commerçant, un indépendant qui veut exister en ligne sans rien comprendre à la technique. Des dizaines de millions de clients de ce profil, qui paient un abonnement année après année. C'est ce socle qui m'intéresse.

Pourquoi ma grille lui met 10/10

Je ne note pas une entreprise à l'intuition. Je la passe au crible de critères financiers concrets : est-elle rentable, son cash augmente-t-il, rachète-t-elle ses actions plutôt que d'en créer, sa dette est-elle maîtrisable ? GoDaddy coche presque tout. Sa marge nette tourne autour de 17 %, et surtout sa marge de free cash flow atteint 26 %. Le free cash flow, c'est l'argent qui reste réellement une fois toutes les factures payées. Une marge de 26 %, c'est le double de l'entreprise moyenne.

Le signe qui ne trompe pas, côté gestion : GoDaddy réduit son nombre d'actions d'environ 5 % par an. Quand une entreprise rachète ses propres actions, chaque action restante représente une plus grosse part du gâteau. C'est pour ça que son cash par action progresse d'environ 28 % par an, bien plus vite que ses ventes.

Le vrai bémol : la croissance

Maintenant, l'honnêteté. GoDaddy n'est pas une fusée. Ses ventes ne progressent que d'environ 7 % par an, sous le seuil de 10 % que j'aime voir. C'est le marché de l'hébergement et des outils PME : mature, concurrentiel, avec Wix, Squarespace ou Shopify qui poussent. Une note de 10/10 ne veut pas dire entreprise parfaite. Elle veut dire que sur l'ensemble de mes critères objectifs, le profil financier est solide. La croissance molle est le trade-off à accepter ici.

Ce qui sauve la thèse, c'est l'allocation du capital. Une entreprise qui croît peu mais qui transforme efficacement son cash en valeur par action peut très bien rémunérer ses actionnaires. GoDaddy fait exactement ça : peu de croissance du chiffre d'affaires, mais beaucoup de cash redistribué via les rachats.

Est-ce le bon prix ?

C'est la deuxième question, que je traite toujours séparément de la qualité. Pour mesurer le prix, je regarde le P/FCF (price-to-free-cash-flow) : le prix de l'action divisé par le free cash flow annuel. Un P/FCF de 8, ça veut dire que tu paies huit années de ce cash. GoDaddy se valorise aujourd'hui moins de 8 fois son free cash flow. Pour une entreprise notée 10/10, c'est bon marché : le marché valorise la médiocrité de la croissance, pas la qualité du cash.

Le risque à garder en tête : si la croissance ne repart pas et que la concurrence grignote les marges, ce bas prix sera mérité. Si au contraire les nouveaux outils IA relancent les abonnements, l'action est anormalement bon marché. Un P/FCF bas n'est une affaire que si la qualité tient.

C'est tout l'intérêt de séparer les deux questions, la qualité d'un côté, le prix de l'autre. C'est exactement ce que je voulais pouvoir faire en quelques secondes pour n'importe quelle action, alors je l'ai codé dans mon site d'investissement. Tu peux y voir le détail des critères sur la page d'analyse de GoDaddy, le classement des actions sous-évaluées et ma méthodologie complète.

FAQ

GoDaddy est-elle juste un vendeur de noms de domaine ?

Plus depuis longtemps. C'est devenu une plateforme d'infrastructure pour petites entreprises : hébergement, sites, paiement, marketing, outils d'IA. Le nom de domaine n'est que la porte d'entrée vers des abonnements récurrents.

Pourquoi 10/10 si la croissance est faible ?

Ma note mesure la solidité financière globale : rentabilité, génération de cash, marges, rachats d'actions, dette. GoDaddy excelle sur presque tout. La croissance molle est son point faible, mais elle ne suffit pas à dégrader un profil par ailleurs très solide.

Un P/FCF inférieur à 8, est-ce une bonne affaire ?

Seulement si la qualité tient. Un prix bas peut refléter une croissance en panne. Chez GoDaddy, le cash par action progresse vite grâce aux rachats, ce qui rend le bas prix plus intéressant qu'il n'en a l'air, à condition que les marges résistent.

Faut-il acheter l'action GoDaddy ?

Ça dépend de ta conviction sur sa capacité à défendre ses marges face à Wix, Squarespace et Shopify, et de ta discipline de prix. Ceci n'est pas un conseil en investissement personnalisé, fais tes propres recherches.

Voir l'analyse GDDY sur Lubin Investment

À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, j'analyse les actions par les fondamentaux depuis plusieurs années et j'investis mon propre argent avec cette méthode. Je l'ai codifiée dans un outil qui juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).