AMD : pourquoi l'action recule après un trimestre record
2026-08-04 · Par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment
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AMD vient de publier un trimestre record, porté par une explosion de la demande de puces pour l'intelligence artificielle, et pourtant l'action a reculé après l'annonce. La qualité de l'entreprise ne fait pas débat pour moi. Le prix, si : mon modèle le juge déjà nettement trop élevé. Voici pourquoi ces deux jugements coexistent.
Un trimestre qui bat les attentes, une action qui recule quand même
AMD a publié ce mardi 4 août 2026 ses résultats du deuxième trimestre : un chiffre d'affaires de 11,5 milliards de dollars, en hausse de 50 % sur un an, un record pour l'entreprise (communiqué officiel AMD). Le moteur, c'est le data center, les puces qui font tourner les serveurs des centres de données : 6,7 milliards de dollars, en hausse de 107 %, porté par la demande de processeurs EPYC et de puces graphiques Instinct, la réponse d'AMD aux puces Nvidia utilisées pour entraîner les modèles d'intelligence artificielle. Le bénéfice par action ajusté ressort à 1,66 dollar, au-dessus du consensus des analystes de 7,1 %.
Malgré ce battement, l'action a reculé après l'annonce : plusieurs médias financiers ont fait état d'une chute d'environ 8 % en après-bourse, les investisseurs jugeant que la barre était déjà placée trop haut avant même la publication (suivi en direct de la séance). Ce paradoxe, un battement qui déçoit, est un signal classique en bourse : quand un prix intègre déjà plusieurs années de croissance parfaite, un bon trimestre ne suffit plus, il faut un trimestre exceptionnel.
Ce que mon modèle disait déjà avant ce trimestre
Sur mes 10 critères de qualité financière, AMD en valide 8. L'entreprise est rentable (marge nette de 13,4 %), ses ventes croissent de 17,4 % par an en moyenne sur cinq ans, son free cash flow par action grimpe de 34,3 % par an sur la même période, elle ne porte quasiment aucune dette nette, et son rendement du capital investi en cash atteint 21,2 %. C'est une entreprise réellement solide, pas un pari spéculatif sans fondamentaux derrière le narratif de l'intelligence artificielle.
Mais le prix payé aujourd'hui pour cette qualité est déjà extrême. AMD se valorise 125,6 fois son free cash flow, ce qu'on appelle le P/FCF : le prix de l'action divisé par le cash réellement généré chaque année. Plus ce chiffre est élevé, plus chaque dollar de cash généré coûte cher à l'achat. Ce niveau se situe au 83ᵉ percentile de son propre historique sur cinq ans : autrement dit, AMD n'a presque jamais été aussi chère par rapport à elle-même. Mon modèle, qui projette la trajectoire du cash par action sur cinq ans avec des hypothèses prudentes plutôt que d'extrapoler indéfiniment la croissance récente, fixe un prix d'achat raisonnable autour de 204 dollars, contre un cours de 519 dollars : une surcote de 60,6 %.
Le marché ne parie pas sur un déclin d'AMD : il parie que la demande de puces pour l'intelligence artificielle va continuer de croître à un rythme extraordinaire pendant plusieurs années sans le moindre accroc. C'est possible. Mais à ce prix, il ne reste presque aucune marge d'erreur : la moindre déception, un ralentissement des commandes de data centers, un concurrent qui reprend des parts de marché sur les puces IA, ferait mécaniquement chuter ce multiple. Je garde AMD à l'œil pour la réalité de sa qualité, mais je n'achète pas une entreprise, même excellente, à n'importe quel prix. Tu peux suivre ces chiffres en direct sur la fiche d'analyse d'AMD, et voir comment je calcule ce prix d'achat raisonnable dans ma méthodologie complète.
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À propos de l'auteur
Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).