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Sept actions canadiennes de qualité, presque toutes chères

2026-09-05 ·

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Sur les actions canadiennes que je note, sept valident aujourd'hui neuf ou dix de mes dix critères de qualité financière : Kinross Gold, Descartes Systems, Kinaxis, CGI, CCL Industries, Dollarama et Cameco. Mon modèle ne les trouve sous leur prix d'achat raisonnable que pour deux d'entre elles, Kinross Gold et CCL Industries.

Sept sociétés qui tiennent la barre aujourd'hui, une qui est tombée

Début août, un passage sur les 500 meilleures notes mondiales de mon screener ne remontait que six valeurs canadiennes notées huit à dix sur mes dix critères de qualité financière (rentabilité, croissance, dette maîtrisée, rachats d'actions). Un marché domestique étroit, dominé par les banques et les matières premières, deux familles de sociétés que ma grille retient rarement. Un mois plus tard, j'ai revérifié chaque ligne individuellement plutôt que de recopier la liste d'août, exactement la méthode que je recommande à un lecteur avant de croire un chiffre agrégé, le mien ou celui de n'importe quel site financier.

Le résultat a bougé. Senvest Capital, un gestionnaire d'actifs qui validait neuf critères sur dix début août, n'en valide plus que six aujourd'hui : une activité de gestion pour compte propre, dont le cash généré varie avec la performance des marchés financiers d'un trimestre à l'autre, n'a pas la régularité qu'exige ma grille. Elle sort donc du groupe. À l'inverse, mon relevé du jour fait apparaître deux valeurs à la note parfaite absentes de mon repérage d'août : Descartes Systems Group et Kinaxis, deux éditeurs de logiciels spécialisés dans la gestion de chaîne logistique.

Voici les sept qui restent, avec la valorisation que leur donne mon modèle aujourd'hui.

Société (Ticker)SecteurNote qualitéVerdict prix aujourd'hui
Kinross Gold (K.TO)Extraction d'or10 sur 10Décote de 7,9 %
Descartes Systems (DSG.TO)Logiciel logistique10 sur 10Surcote de 30,3 %
Kinaxis (KXS.TO)Logiciel chaîne logistique10 sur 10Surcote de 31,5 %
CCL Industries (CCL-B.TO)Emballage9 sur 10Décote de 7,1 %
CGI Inc. (GIB-A.TO)Conseil et services informatiques9 sur 10Surcote de 27,6 %
Dollarama (DOL.TO)Distribution à bas prix9 sur 10Surcote de 37,4 %
Cameco (CCO.TO)Extraction d'uranium9 sur 10Surcote de 12,4 %

Pourquoi la moitié se valorise déjà cher

Kinross Gold est la moins chère du lot malgré une note parfaite, et le paradoxe s'explique par la nature de son activité. Kinross vient de publier un premier trimestre 2026 record, sa quatrième trimestrielle record consécutive de free cash flow à environ 840 millions de dollars, portée par une marge par once vendue en hausse de 92 % sur un an. Ce type de résultat vient presque toujours d'un seul facteur externe, ici le cours de l'or, qui a battu plusieurs records cette année sous l'effet d'achats massifs des banques centrales. Le marché traite historiquement ce genre de bénéfice comme un vent favorable temporaire plutôt que comme une preuve durable de qualité de gestion, et continue donc de valoriser Kinross comme une matière première cyclique, pas comme une machine à cash. Même mécanisme pour CCL Industries : son multiple actuel tombe exactement à la médiane de son secteur de l'emballage, jugé mature et peu excitant par le marché, qui ne récompense donc pas sa qualité par une prime.

À l'autre bout, Cameco affiche le multiple le plus élevé des sept, porté par une thèse devenue difficile à ignorer : la demande d'électricité des centres de données d'intelligence artificielle relance la filière nucléaire. Le patron de Cameco décrivait début mai des centrales à l'arrêt remises en service face à cette demande, dans un marché de l'uranium que l'entreprise elle-même juge sous-approvisionné depuis treize années consécutives. Le marché paie donc Cameco pour une pénurie structurelle qu'il tient déjà pour acquise, pas seulement pour son bilan d'aujourd'hui. Descartes Systems et Kinaxis suivent une logique voisine mais différente : leurs clients gèrent des chaînes logistiques rendues plus complexes par les droits de douane, une complexité que Descartes évoquait elle-même dans ses derniers résultats trimestriels, et un logiciel qui aide à s'y retrouver devient plus indispensable, pas moins, quand le commerce mondial se complique. Dollarama, enfin, illustre un mécanisme différent : une enseigne de bas prix profite du réflexe défensif des consommateurs quand l'incertitude économique grimpe, ce qui lui vaut la prime la plus élevée du groupe alors même que son nom promet des prix bas, pas à ses actionnaires.

Sept sociétés canadiennes valident donc aujourd'hui l'essentiel de ma grille de qualité. Mais si tu cherches spécifiquement une affaire, au sens strict de mon modèle, la liste honnête se réduit à deux noms : Kinross Gold et CCL Industries. Les cinq autres ne sont pas de mauvaises entreprises, simplement des entreprises déjà chères pour des raisons identifiables. Tu peux vérifier chacune de ces sept fiches en direct sur mon outil d'analyse, et retrouver comment je calcule un prix d'achat raisonnable dans ma méthodologie complète.

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À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).