McDonald's (MCD) : ralentit aux USA, records ailleurs
2026-08-04 · Par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment
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McDonald's a battu de très peu le consensus de bénéfice ce trimestre, mais raté le chiffre d'affaires : les ventes comparables ralentissent aux États-Unis pendant que les marges franchisées à l'international atteignent un record. Mon filtre qualité ne valide que 6 critères sur 10, et mon modèle juge le prix actuel largement excessif. Voici les chiffres, en deux tableaux.
Un trimestre à deux vitesses : ralentissement américain, dynamisme ailleurs
McDonald's a publié ce mardi 4 août 2026 ses résultats du deuxième trimestre, clos le 30 juin (communiqué officiel McDonald's). Le bénéfice par action ajusté ressort à 3,38 dollars, en hausse de 6 %, un cheveu au-dessus du consensus des analystes de 3,35 dollars. Le chiffre d'affaires consolidé, lui, progresse de 4 % à 7,1 milliards de dollars, légèrement sous les attentes. Le détail par zone géographique raconte une histoire plus intéressante que ces deux chiffres globaux :
| Indicateur (T2 2026) | Valeur | Ce que ça révèle |
|---|---|---|
| Ventes comparables États-Unis | +0,8 % | Le marché historique de la marque ralentit nettement |
| Ventes comparables International (établissements propres) | +1,5 % | Nettement plus solide qu'aux États-Unis |
| Ventes comparables International (licences) | +1,9 % | La zone la plus dynamique du trimestre |
| Ventes systèmes du programme fidélité (12 mois, 70 marchés) | 40 Md$ (+20 %) | Le programme fidélité devient un vrai moteur de croissance |
| Utilisateurs actifs fidélité (90 jours) | ~220 millions (+13 %) | La base de clients identifiés grossit vite |
| Nomination | Skye Anderson, nouvelle présidente de McDonald's USA | L'entreprise elle-même reconnaît un problème à corriger sur son marché domestique |
« Ventes comparables » signifie les ventes des restaurants déjà ouverts depuis au moins un an, à magasins constants : ça isole la vraie demande des clients, sans l'effet mécanique de nouvelles ouvertures. Le fait que McDonald's nomme une nouvelle présidente pour son marché américain, son plus important, le jour même des résultats, n'est pas un hasard de calendrier : c'est un signal clair que l'entreprise voit elle-même un problème d'exécution à corriger chez elle, pendant qu'elle célèbre sa dynamique ailleurs.
Ce que mon filtre de qualité dit, indépendamment de ce trimestre
| Critère | Valeur | Statut |
|---|---|---|
| Marge nette | 31,6 % | ✅ Passe |
| Ventes en croissance (5 ans) | 4,0 %/an | ❌ Échoue |
| Free cash flow par action en croissance | 2,6 %/an | ❌ Échoue |
| Nombre d'actions maîtrisé | -1,22 %/an | ✅ Passe |
| Marge de free cash flow | 25,0 % | ✅ Passe |
| Marges en expansion | Oui | ✅ Passe |
| Rendement du capital investi en cash | 13,2 % | ⚠️ Limite |
| Endettement (dette nette / FCF) | 5,68 années de cash | ❌ Échoue |
| Bénéfices transformés en cash | 79 % | ⚠️ Limite |
| Délai d'encaissement net | 7 jours | ⚠️ Limite |
Mon site donne à McDonald's une note de qualité de 6 sur 10. Le point qui mérite une explication, c'est la dette : 5,68 années de cash pour la rembourser, ce qui déclenche un échec sur mon critère strict d'endettement. Ce chiffre n'est pas un signal de détresse en soi. McDonald's est aussi, structurellement, le propriétaire immobilier de la plupart des emplacements où ses franchisés opèrent : l'entreprise possède le terrain et le bâtiment, encaisse un loyer et une redevance sur les ventes de chaque franchisé, un modèle proche de celui d'un bailleur commercial plus que d'un simple restaurateur. Cette dette finance en grande partie ce parc immobilier et les rachats d'actions, pas un trou dans la caisse. Mais mon critère reste strict par choix : un chiffre contre-intuitif mérite d'être expliqué, pas excusé.
Le prix, maintenant. McDonald's se valorise 27,9 fois son free cash flow (le P/FCF, prix de l'action divisé par le cash généré chaque année). Ce niveau se situe au 72ᵉ percentile de son propre historique sur cinq ans : plus cher que d'habitude pour cette action précise, pas seulement en valeur absolue. Mon modèle, qui projette la trajectoire du cash par action sur cinq ans avec des hypothèses prudentes (méthode détaillée par Aswath Damodaran), fixe un prix d'achat raisonnable à 86,03 dollars, contre un cours de 268,34 dollars : une surcote de 67,9 %. Une marque connue de tous, remarquablement résiliente, mais dont le prix suppose déjà une croissance durable que le propre ralentissement américain de ce trimestre commence à questionner. Tu peux suivre ces chiffres en direct sur la fiche d'analyse de McDonald's, et voir comment je calcule ce prix d'achat raisonnable dans ma méthodologie complète.
FAQ
McDonald's a-t-il battu ou raté ses résultats du T2 2026 ?
Les deux à la fois : le bénéfice par action ajusté (3,38 $) a légèrement battu le consensus (3,35 $), mais le chiffre d'affaires (7,1 Md$) a légèrement raté les attentes. Un battement de peu, pas un signal fort dans un sens ou l'autre.
Pourquoi McDonald's ralentit-il aux États-Unis ?
Les ventes comparables américaines ne progressent que de 0,8 % ce trimestre, contre 1,5 à 1,9 % à l'international. L'entreprise a réagi le jour même en nommant une nouvelle présidente pour son marché américain, signe qu'elle reconnaît elle-même un problème d'exécution à corriger sur son marché historique.
McDonald's est-elle une action chère ou bon marché en 2026 ?
Selon mon modèle, elle est surcotée de 67,9 % : mon prix d'achat raisonnable se situe à 86,03 $ contre un cours de 268,34 $. Elle se valorise aussi au 72ᵉ percentile de son propre historique de P/FCF sur cinq ans, donc plus cher que d'habitude pour cette action précise.
La dette de McDonald's est-elle inquiétante ?
Le chiffre (5,68 années de cash pour la rembourser en intégralité) déclenche un échec sur mon critère strict, mais il faut le lire dans son contexte : McDonald's possède l'immobilier de la plupart de ses restaurants et perçoit un loyer de ses franchisés, un modèle qui justifie structurellement plus de dette qu'un restaurant ordinaire.
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À propos de l'auteur
Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).