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Faut-il acheter l'action Monster Beverage (MNST) en 2026 ?

2026-07-19 ·

MNST : voir l'analyse complète sur Lubin Investment

Monster Beverage est une entreprise de grande qualité, l'un des meilleurs scores de mon filtre, portée par une croissance internationale à deux chiffres et un accord de distribution avec Coca-Cola qui verrouille son marché. Mais l'action se négocie aujourd'hui près du point le plus cher de ses cinq dernières années, à peine au-dessus de mon prix d'achat raisonnable. Une bonne entreprise, un prix qui ne laisse presque plus de marge d'erreur : voici comment je tranche.

Le paradoxe Monster : les ventes s'envolent, l'action doute

Au premier trimestre 2026, Monster Beverage a publié des chiffres qui, sur le papier, ressemblent à ceux d'une jeune pousse plutôt qu'à ceux d'un géant des boissons vieux de plus de trente ans : ventes nettes en hausse de 26,9 % à 2,35 milliards de dollars, bénéfice net en progression de 28,6 %. Et pourtant, depuis plusieurs mois, une ombre plane sur tout le secteur des boissons sucrées : les médicaments GLP-1 (Ozempic, Wegovy et leurs équivalents), censés couper l'appétit et, au passage, l'envie de sucre.

C'est exactement le genre de situation que ma méthode est faite pour démêler. D'un côté, une entreprise qui coche presque toutes les cases de la qualité financière. De l'autre, une peur de marché bien réelle qui pèse sur le titre. Je vais séparer les deux questions, comme toujours : est-ce une bonne entreprise ? Et, indépendamment, est-ce le bon prix aujourd'hui ?

Une machine à cash qui coche 9 critères sur 10

Mon filtre passe chaque entreprise au crible de dix critères financiers concrets, sans intuition ni avis subjectif. Monster en valide neuf. La marge nette ressort à 23,1 %, la marge de free cash flow (le cash qui reste vraiment disponible une fois toutes les factures payées) à 22 %. Autrement dit, sur 100 dollars de ventes, 22 finissent en cash réellement disponible pour l'entreprise, un niveau que la plupart des groupes de consommation ne franchissent jamais. Le rendement du capital investi (cash ROCE) atteint 39,7 %, un chiffre qui dit que chaque dollar réinvesti dans l'entreprise en génère beaucoup plus en retour.

Le seul critère qui échoue franchement dans mon filtre est l'expansion des marges : sur cinq ans, les coûts de Monster progressent légèrement plus vite que ses revenus, à cause de la hausse du prix de l'aluminium des canettes et du fret, ainsi que d'un mix géographique qui pèse sur la marge brute (passée de 56,5 % à 55,0 % sur un an). Ce n'est pas un signal d'alarme : c'est le prix d'une expansion internationale rapide, où chaque nouveau marché a sa propre structure de coûts avant d'atteindre l'échelle des marchés historiques.

Le vrai moteur : l'international, porté par un accord qui vaut de l'or

Ce qui distingue ce trimestre, ce n'est pas les États-Unis, c'est le reste du monde. Les ventes internationales ont bondi de 44,9 % à 1,06 milliard de dollars, soit désormais 45 % du chiffre d'affaires total. L'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique progressent de 53 % en dollars, l'Asie-Pacifique de 40 %, avec des performances spectaculaires en Chine (+95 %) et en Inde (+95 %).

Ce n'est pas un hasard si ces marchés démarrent aussi vite : depuis fin 2025, Monster s'appuie sur un accord de distribution renforcé avec Coca-Cola, qui lui ouvre un réseau logistique présent dans plus de 160 pays. C'est précisément ça, un moat (un fossé concurrentiel, ce qui protège une entreprise d'un concurrent qui voudrait prendre sa place) : aucun challenger de l'énergie ne peut répliquer du jour au lendemain le camion, l'entrepôt et le rayonnage que Coca-Cola met à disposition de Monster. Avec près de 39 % du marché mondial de la boisson énergisante, juste derrière Red Bull (43 %), Monster et Red Bull forment un duopole que les nouveaux entrants (Celsius, Ghost) grignotent à la marge, sans jamais menacer la structure du marché.

Le management, de son côté, envoie un signal cohérent : un nouveau programme de rachat d'actions de 500 millions de dollars a été approuvé ce trimestre, en plus des 100 millions déjà utilisés cette année. Sur cinq ans, le nombre d'actions en circulation baisse de 7,55 % par an, ce qui gonfle mécaniquement le free cash flow par action, une des raisons pour lesquelles les profits par action croissent de 31,5 % par an sur la période, bien plus vite que les ventes.

La peur du marché : les GLP-1 vont-ils tuer les boissons sucrées ?

La thèse baissière tient en une phrase : les médicaments GLP-1 coupent l'appétit, y compris l'envie de sucre et de calories inutiles, et l'énergie drink en fait partie. Les études sectorielles évaluent l'impact de ces molécules sur la demande de boissons et d'alimentation aux États-Unis à environ -0,2 % de volume par an d'ici 2031, une pénalité réelle mais modeste, très loin d'un effondrement.

Et les chiffres de Monster contredisent, pour l'instant, le scénario catastrophe : les ventes du segment énergie ont progressé de 27,6 % au premier trimestre. Une explication possible : les consommateurs de GLP-1 réduisent l'alcool et la nourriture calorique en excès, mais l'énergie drink répond à un besoin différent, la vigilance et la performance, pas la gourmandise pure. Certaines marques commencent même à lancer des versions enrichies en protéines ou en électrolytes pensées pour ce public. Le risque GLP-1 est réel et mérite d'être surveillé trimestre après trimestre, mais aujourd'hui, il reste une inquiétude de marché, pas un fait mesuré dans les comptes de Monster.

Le prix : une action qui se rapproche de son plus haut niveau de valorisation en 5 ans

Pour juger si un prix est cher ou pas, je ne me contente jamais de comparer une action au marché dans l'absolu : je la compare à elle-même. Le P/FCF (price-to-free-cash-flow, le prix de l'action rapporté au cash qu'elle génère chaque année) de Monster ressort aujourd'hui à 49,7 fois. Sur ses cinq dernières années, ce multiple s'est historiquement situé plus bas : le niveau actuel se classe au 77ᵉ percentile de son propre historique, autrement dit plus cher que les trois quarts des jours de bourse des cinq dernières années.

Comparé à son secteur (boissons non alcoolisées), c'est encore plus tendu : la médiane du secteur tourne autour de 27,4 fois, et Monster se classe au 92ᵉ percentile, plus cher que la quasi-totalité de ses pairs, Coca-Cola (27,8 fois), PepsiCo (22,7 fois) ou Keurig Dr Pepper (28,1 fois) inclus. Le marché paie donc une prime nette pour la croissance internationale de Monster, ce qui n'est pas absurde vu le rythme des chiffres, mais qui laisse peu de place à la déception.

Mon modèle calcule un prix d'achat raisonnable de 97,07 dollars pour Monster, à partir du free cash flow par action actuel et d'un multiple de sortie prudent cohérent avec sa qualité. Le cours actuel, 97,50 dollars, se situe à peine 0,4 % au-dessus de cette cible. Autrement dit, Monster n'est ni une aubaine ni une folie : elle cote quasiment pile sur le prix que je considère comme raisonnable, ce qui est déjà rare pour une entreprise de cette qualité.

Comment je tranche, sans émotion

La qualité de Monster ne fait pas débat : moat de distribution, rentabilité du capital exceptionnelle, croissance internationale à deux chiffres, rachats d'actions massifs. La vraie question, c'est le prix. À 49,7 fois le free cash flow, proche de son propre record de cherté sur 5 ans et cher face à ses pairs, l'action n'offre presque plus de marge de sécurité : elle est fondamentalement bien valorisée, ni décotée ni en bulle.

Si tu crois que la croissance internationale (Chine, Inde, EMEA) peut continuer sur ce rythme pendant plusieurs années encore, ce prix, quasiment à ma cible, se justifie. Si tu penses que la peur des GLP-1 finira par mordre sur les volumes, ou que la compression de marge sur l'aluminium et le fret va durer, il vaut mieux attendre une vraie baisse plutôt qu'un cours à l'équilibre. Je ne prends pas position à ta place : je pose un prix, et j'attends qu'il vienne à moi ou en dessous, jamais au-dessus.

FAQ

Pourquoi Monster Beverage est-elle notée 9 sur 10 dans le filtre qualité ?

Parce qu'elle valide presque tous les critères financiers que je juge essentiels : rentabilité, croissance des ventes et du free cash flow, rachats d'actions, rendement du capital investi, absence de dette nette. Le seul critère qui échoue est l'expansion des marges, temporairement comprimées par les coûts d'aluminium, de fret et l'expansion internationale.

Les médicaments GLP-1 (Ozempic, Wegovy) vont-ils faire baisser les ventes de Monster ?

C'est le risque le plus cité par le marché. Les études sectorielles évaluent l'impact sur la demande de boissons à environ -0,2 % de volume par an aux États-Unis, un effet modeste. Les chiffres actuels de Monster (+27,6 % sur le segment énergie) ne montrent aucun signe de ralentissement lié à ce facteur pour l'instant, mais c'est un point à surveiller trimestre après trimestre.

Qu'est-ce que l'accord avec Coca-Cola change concrètement pour Monster ?

Coca-Cola distribue les produits Monster dans plus de 160 pays via son réseau logistique mondial (camions, entrepôts, accords avec les points de vente). C'est un avantage qu'aucun concurrent indépendant ne peut répliquer rapidement, ce qui explique la croissance de 44,9 % des ventes internationales ce trimestre.

Le P/FCF de 49,7 fois est-il un bon point d'entrée ?

Mon modèle calcule un prix d'achat raisonnable de 97,07 dollars, et le cours actuel (97,50 dollars) est quasiment aligné dessus. L'action n'est ni une aubaine ni surévaluée : elle cote près de son prix juste. Ceci n'est pas un conseil en investissement, fais tes propres recherches.

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À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).