Qualcomm (QCOM) : résultats T3 2026, mon verdict
2026-07-29 · Par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment
QCOM : voir l'analyse complète sur Lubin Investment
Qualcomm a publié le 29 juillet 2026 un chiffre d'affaires de 9,95 milliards de dollars, en baisse de 4 % sur un an à cause d'un repli des puces smartphone, mais avec une automobile en hausse de 61 %. Mon filtre qualité valide 7 critères sur 10. Fait rare cette saison de résultats : mon modèle juge l'action légèrement sous-évaluée. Voici pourquoi.
Ce qui vient de tomber : le smartphone recule, l'automobile explose
Qualcomm a publié le 29 juillet 2026 les résultats de son troisième trimestre fiscal 2026 (période close le 28 juin 2026) : un chiffre d'affaires de 9,947 milliards de dollars, en baisse de 4 % par rapport aux 10,365 milliards de l'an dernier, un bénéfice par action GAAP de 1,87 dollar et un bénéfice par action ajusté de 2,21 dollars. Les revenus battent l'estimation de 9,6 milliards de dollars, tandis que le bénéfice ajusté correspond exactement au consensus. Le PDG Cristiano Amon a résumé le trimestre ainsi : « Malgré un environnement mémoire et chaîne d'approvisionnement difficile, nos résultats du troisième trimestre reflètent une solide exécution de notre stratégie de croissance, avec des revenus trimestriels en haut de notre fourchette d'objectifs. »
Le détail par activité raconte la vraie histoire de Qualcomm en 2026 : les ventes de puces pour smartphones, qui restent la plus grosse part du chiffre d'affaires, reculent de 20 % sur un an à 5,1 milliards de dollars, un repli que la direction attribue à un plancher du marché chinois. À l'inverse, les revenus automobiles bondissent de 61 % sur un an à un record de 1,59 milliard de dollars, un 23e trimestre consécutif de croissance à deux chiffres. Les revenus liés à l'internet des objets (IoT, les capteurs et puces connectées hors smartphone et automobile) progressent de 9 % à 1,83 milliard de dollars. Amon a d'ailleurs précisé la trajectoire attendue : la croissance des revenus hors smartphone, y compris les centres de données, doit accélérer de 24 % sur l'exercice 2026 à plus de 60 % sur l'exercice 2027, un point d'inflexion que la direction présente comme central dans l'exécution de sa stratégie.
Pourquoi mon filtre valide 7 critères sur 10
Qualcomm reste rentable et disciplinée sur le plan financier : marge nette de 22,3 % (sur 100 dollars de chiffre d'affaires, plus de 22 finissent en bénéfice net), croissance du free cash flow par action de 17,4 % par an en moyenne sur cinq ans (un rythme sain malgré des revenus totaux quasi stables), nombre d'actions en baisse de 1,06 % par an, marge de free cash flow de 21,2 % et un rendement du capital investi en cash (Cash ROCE, la rentabilité de l'argent réellement réinvesti dans l'activité) de 41,4 %, un niveau élevé (j'explique ce indicateur en détail dans mon guide sur le Cash ROCE). Sa dette nette se rembourserait en seulement 1,04 année de free cash flow.
Deux critères échouent, et ils sont directement liés à la maturité du marché du smartphone : la croissance des ventes totales ne progresse que de 4,1 % par an en moyenne sur cinq ans, un rythme faible qui reflète un marché des puces mobiles arrivé à maturité plutôt qu'en expansion, et les marges opérationnelles se compriment plutôt que de s'élargir sur la période, les coûts progressant plus vite que les revenus dans un contexte de diversification coûteuse. Un troisième critère, le délai net d'encaissement (le temps entre le paiement des fournisseurs et l'encaissement des clients), échoue à 115 jours : ce chiffre s'explique par la nature du métier de fondeur sans usine (fabless) de Qualcomm, qui doit immobiliser du stock de puces en cours de fabrication pendant de longues périodes (le délai de rotation des stocks à lui seul atteint 134 jours) avant de pouvoir les vendre, un mécanisme structurel du secteur des semi-conducteurs plutôt qu'un signal d'alarme isolé.
Le prix : rare exception cette saison, mon modèle juge l'action presque juste
Qualcomm se valorise 17,6 fois son free cash flow des douze derniers mois, un multiple raisonnable qui tranche avec ceux de Microsoft (53,4 fois) ou Meta (57,9 fois) publiés le même jour. Mon modèle de prix d'achat raisonnable, qui projette la trajectoire réelle de génération de cash par action sur cinq ans, ressort à 163,00 dollars, contre un cours actuel de 155,68 dollars : une décote d'environ 4,7 %, ce qui signifie que l'action se négocie légèrement sous mon estimation de juste prix. C'est une exception notable dans mon suivi de cette saison de résultats des géants technologiques, où la plupart des noms liés à l'intelligence artificielle affichent des primes marquées.
Cette modération du prix reflète le doute légitime du marché sur la trajectoire de Qualcomm : l'entreprise reste perçue avant tout comme un fournisseur de puces pour smartphones, un marché mature et en repli. Le pari de la diversification vers l'automobile et l'IoT, en forte croissance mais qui reste minoritaire dans le chiffre d'affaires total, n'est pas encore pleinement reconnu dans la valorisation. Si l'inflexion promise par Amon pour l'exercice 2027 se matérialise réellement, cette décote actuelle pourrait s'avérer être une anomalie temporaire plutôt qu'un prix durablement juste.
Ce qui pourrait dérailler la thèse
Le risque le plus direct reste la concentration persistante du chiffre d'affaires sur le smartphone, un marché mature où Qualcomm dépend fortement d'un client historique majeur (Apple, qui développe ses propres modems). La bascule vers l'automobile et les centres de données dépend de contrats pluriannuels dont l'exécution reste à confirmer, et la concurrence chinoise dans les puces mobiles d'entrée et de milieu de gamme s'intensifie. Enfin, l'environnement tendu sur les composants mémoire évoqué par Amon pourrait peser sur les marges à court terme si la pénurie persiste.
- Qualcomm a publié le 29 juillet 2026 un chiffre d'affaires de 9,95 Md$ (-4 %), les puces smartphone reculant de 20 % à 5,1 Md$ tandis que l'automobile bondit de 61 % à un record de 1,59 Md$ (23e trimestre consécutif de croissance à deux chiffres).
- Mon filtre qualité valide 7 critères sur 10 : marge nette 22,3 %, Cash ROCE 41,4 %, croissance du FCF par action 17,4 %/an. Points faibles : croissance des ventes totales seulement 4,1 %/an et marges opérationnelles en compression, reflet d'un marché smartphone mature.
- Le P/FCF de 17,6 fois est raisonnable. Mon modèle vise un prix d'achat de 163,00 $ contre un cours de 155,68 $, une décote d'environ 4,7 % : une rare exception de prix presque juste cette saison de résultats.
- Le vrai pari : la bascule vers l'automobile et les centres de données (croissance hors smartphone visée à plus de 60 % en 2027) compensera-t-elle le repli structurel du smartphone ? Ce n'est pas un conseil en investissement, fais tes propres recherches.
FAQ
Pourquoi le chiffre d'affaires de Qualcomm baisse-t-il alors que l'automobile explose ?
Parce que les puces smartphone restent la plus grosse part du chiffre d'affaires de Qualcomm, et elles reculent de 20 % sur un an (marché chinois en repli). La croissance automobile de 61 % est réelle et rapide, mais son poids dans le total reste encore minoritaire face au smartphone.
Pourquoi le délai net d'encaissement de Qualcomm est-il si long (115 jours) ?
Parce que Qualcomm est un fondeur sans usine (fabless) : elle doit immobiliser du stock de puces en cours de fabrication pendant de longues périodes avant de pouvoir les vendre (134 jours de rotation des stocks à lui seul), un mécanisme structurel du secteur des semi-conducteurs plutôt qu'un signal d'alarme.
Pourquoi Qualcomm est-elle moins chère que Microsoft ou Meta ce trimestre ?
Parce que le marché doute encore de la trajectoire de diversification de Qualcomm au-delà du smartphone, un marché mature en repli. Tant que l'automobile et les centres de données restent minoritaires dans le chiffre d'affaires total, le multiple reste modéré, contrairement aux géants dont la croissance IA est déjà largement reconnue et primée par le marché.
Faut-il acheter l'action Qualcomm après ces résultats ?
Mon filtre qualité reste favorable (7 critères sur 10) et mon modèle de prix d'achat raisonnable vise 163,00 $ contre un cours de 155,68 $, une légère décote. C'est une situation rare où le prix ne semble pas exagéré, mais la thèse dépend de la réussite de la bascule vers l'automobile et les centres de données. Ceci n'est pas un conseil en investissement personnalisé, fais tes propres recherches.
À lire aussi
- KLA Corporation (KLAC) : résultats T4 2026, mon verdict
- Starbucks (SBUX) : résultats T3 2026, mon verdict
- Procter & Gamble (PG) : résultats T4 2026, mon verdict
QCOM : voir l'analyse complète sur Lubin Investment
À propos de l'auteur
Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).