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Les actions les mieux notées sont-elles bon marché en 2026 ?

2026-07-25 ·

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Parmi les 59 actions notées 10/10 par mon filtre qualité qui disposent d'un historique de valorisation de 5 ans, 26, soit 44 %, se négocient aujourd'hui sous le 20ᵉ percentile de leur propre historique, c'est-à-dire proche de leur point le moins cher personnel. Ces décotes se concentrent surtout dans les logiciels applicatifs et l'assurance dommages, mais un prix bas dans son propre historique n'est pas automatiquement une aubaine.

Une question différente de « quel secteur est le moins cher »

Comparer le prix de plusieurs entreprises entre elles (comme je le fais dans mon étude sur les secteurs les moins chers) répond à une question : parmi les meilleures actions, lesquelles coûtent le moins cher LES UNES PAR RAPPORT AUX AUTRES aujourd'hui ? Mais il existe une deuxième question, tout aussi utile et souvent plus parlante : une action donnée est-elle bon marché par rapport à SA PROPRE histoire récente ? Une action qui se valorise à 20 fois son cash annuel peut sembler chère dans l'absolu, mais si elle s'est toujours négociée entre 30 et 50 fois ces cinq dernières années, ce même 20 fois est en réalité un creux personnel rare.

C'est exactement ce que mesure le percentile de valorisation : je prends l'historique du P/FCF (le prix de l'action divisé par le cash généré par action) d'une entreprise sur ses cinq dernières années, et je situe le niveau actuel dans cette distribution. Un percentile de 10 veut dire que le P/FCF actuel n'a été plus bas que 10 % du temps sur cette période : l'action se négocie donc près de son plancher personnel. Un percentile de 90 veut dire l'inverse : elle se négocie près de son plus haut jamais payé.

Le chiffre : 44 % des meilleures élèves se négocient près de leur creux personnel

Sur les 89 actions qui valident tous les critères de mon filtre qualité en juillet 2026, 59 disposent d'un historique de prix suffisant (au moins cinq ans de données fiables) pour calculer ce percentile ; les 30 autres, souvent des tickers étrangers récemment ajoutés à mon univers suivi, n'ont pas encore assez d'historique. Parmi ces 59, 26, soit 44 %, se négocient aujourd'hui sous le 20ᵉ percentile de leur propre historique de cinq ans : elles sont, chacune à sa façon, proches de leur point de valorisation le plus bas jamais observé sur cette période.

C'est une proportion notable : près d'une action sur deux parmi les meilleures élèves de mon filtre, celles qui cochent déjà tous les critères de rentabilité et de discipline financière, se négocie aujourd'hui à un niveau de prix rarement vu pour elle-même sur cinq ans. Autrement dit, la qualité et le prix bas, qui ne vont pas toujours ensemble, coïncident actuellement pour une bonne partie de mon univers suivi.

Où se concentrent ces décotes

SecteurNombre d'actions sous le 20ᵉ percentileExemples
Logiciels applicatifs6Intuit, Autodesk, Salesforce, Paylocity, Bentley Systems, Roper
Assurance dommages (P&C)4Progressive, Mercury General, Kinsale, Cincinnati Financial
Appareils médicaux3Dexcom, Haemonetics, STERIS
Logiciels d'infrastructure2Qualys, GoDaddy
Services de voyage2Booking Holdings, Airbnb
Autres secteurs (1 chacun)9MercadoLibre, ResMed, Chipotle, Doximity, Collegium, RenaissanceRe, Frontdoor, Badger Meter, Cal-Maine Foods

Le secteur des logiciels applicatifs domine largement ce classement, avec 6 des 10 actions du secteur qui valident mon filtre qualité se négociant déjà sous leur 20ᵉ percentile personnel. C'est cohérent avec un contexte de marché où les investisseurs ont réévalué à la baisse, ces derniers trimestres, la prime qu'ils étaient prêts à payer pour la croissance logicielle, après plusieurs années de multiples historiquement élevés portés par l'euphorie post-pandémie puis par l'attente d'un boom de l'intelligence artificielle qui tarde encore à se traduire pleinement dans les revenus de beaucoup d'éditeurs traditionnels. L'assurance dommages, déjà identifiée comme le secteur qualité le moins cher en absolu dans mon étude sectorielle, voit aussi 4 de ses 8 représentants 10/10 proches de leur propre creux, un signe que la décote du secteur n'est pas seulement relative aux autres secteurs, mais aussi relative à sa PROPRE histoire récente.

Pourquoi un creux personnel n'est pas automatiquement une aubaine

Un prix bas dans son propre historique peut avoir deux origines très différentes, et les distinguer est tout le travail de l'investisseur. La première : le marché doute, à tort, d'une entreprise dont les fondamentaux réels restent solides, ce qui crée une vraie occasion (c'est l'exemple classique d'Adobe, dont j'ai déjà parlé, valorisée à un plus bas de cinq ans par une peur de la disruption par l'IA générative qui, à mon sens, restait à ce moment-là excessive). La seconde, bien plus fréquente qu'on ne le pense : le marché anticipe correctement un vrai ralentissement à venir (une croissance qui plafonne, une concurrence qui s'intensifie, un produit qui vieillit), et le prix bas n'est alors pas une aubaine mais un juste ajustement, ce qu'on appelle un piège de valeur (value trap).

Un percentile bas n'est donc jamais une conclusion en soi, seulement une INVITATION à creuser : pourquoi le marché a-t-il fait chuter le prix de cette action précise vers son plancher personnel ? La réponse se trouve dans les chiffres récents de croissance, dans les commentaires de la direction sur les trimestres à venir, dans l'évolution de la position concurrentielle, jamais dans le seul niveau du percentile. Une action qui coche tous mes critères de qualité ET se négocie près de son creux personnel mérite d'être regardée en priorité, mais le travail commence là, il ne s'arrête pas là.

Comment je m'en sers dans ma méthode

Je croise systématiquement deux informations avant de m'intéresser sérieusement à une action : la note de qualité (qui juge l'entreprise, jamais le prix) et le percentile de valorisation (qui situe le prix actuel dans l'histoire propre de l'entreprise, jamais dans l'absolu). Une action 10/10 proche de son creux personnel entre dans ma liste de candidats à étudier en profondeur ; elle n'entre jamais automatiquement dans une thèse d'achat sans que j'aie d'abord compris pourquoi le marché l'a fait chuter à ce niveau. Tu peux retrouver ma méthode complète pour distinguer une vraie opportunité d'un piège de valeur dans mon article sur le value trap, et comment je combine note de qualité et percentile de prix dans mon article sur comment repérer une action excellente et pas chère.

FAQ

Que veut dire un percentile de valorisation de 20 pour une action ?

Cela veut dire que le P/FCF actuel de l'action n'a été plus bas que 20 % du temps sur les cinq dernières années : l'action se négocie donc proche de son plancher de valorisation personnel, indépendamment du prix des autres actions du marché.

Combien d'actions notées 10/10 se négocient près de leur creux de 5 ans en 2026 ?

26 des 59 actions notées 10/10 qui disposent d'un historique de prix suffisant, soit 44 %, se négocient sous le 20ᵉ percentile de leur propre historique de valorisation sur 5 ans.

Pourquoi les logiciels applicatifs dominent-ils ce classement ?

6 des 10 actions notées 10/10 du secteur logiciel applicatif se négocient sous leur 20ᵉ percentile personnel, cohérent avec une réévaluation à la baisse de la prime de croissance logicielle après plusieurs années de multiples historiquement élevés.

Un prix proche de son creux de 5 ans est-il toujours une bonne affaire ?

Non : cela peut être une vraie occasion si le marché doute à tort de fondamentaux solides, ou un juste ajustement (piège de valeur) si le marché anticipe correctement un vrai ralentissement. Il faut toujours comprendre POURQUOI le prix a chuté avant de conclure.

Quelle est la différence entre ce classement et l'étude sur les secteurs les moins chers ?

L'étude sectorielle compare le prix des actions ENTRE ELLES aujourd'hui. Ce classement compare le prix de CHAQUE action à SA PROPRE histoire de 5 ans, une question différente et complémentaire.

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À propos de l'auteur

Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).