Actions néerlandaises : ASML n'est pas seule en haut
2026-10-19 · Par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment
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Sur dix actions néerlandaises passées au crible, deux obtiennent 9 sur 10 : ASML et ASM International, devant Wolters Kluwer (8) et Adyen (7). Mais la qualité se paie : seule Heineken cote sous mon prix d'achat, 6 % en dessous. ASM International est la plus exigeante, 86 % au-dessus de ce prix.
Quelles sont les meilleures actions néerlandaises aujourd'hui ?
J'ai passé dix actions cotées à Amsterdam au crible de la grille que j'applique partout. D'un côté, une note de qualité sur 10, bâtie sur des critères concrets : rentabilité, croissance des ventes et du cash, rachats d'actions, dette. De l'autre, séparément, un prix d'achat : le cours maximum que je paierais pour viser 15 % de rendement annuel sur cinq ans. Précision de méthode : ce sont les noms que mon outil a pu charger le 19 octobre 2026. ING, Universal Music, Randstad ou BE Semiconductor n'ont pas répondu ce jour-là, l'échantillon n'est donc pas exhaustif.
Le résultat tient en une phrase : la Bourse d'Amsterdam compte de très bonnes entreprises, et presque aucune n'est bradée. Voici le tableau, du mieux noté au moins bien noté, avec le cours comparé à mon prix d'achat.
| Société | Note | Cours (euros) | Prix d'achat (euros) | Cours par rapport au prix d'achat |
|---|---|---|---|---|
| ASM International | 9 | 755 | 406 | 86 % au-dessus |
| ASML | 9 | 1 477 | 1 298 | 14 % au-dessus |
| Wolters Kluwer | 8 | 84 | 78 | 9 % au-dessus |
| Adyen | 7 | 940 | 159 | lecture prudente, voir plus bas |
| Ahold Delhaize | 6 | 32 | 27 | 21 % au-dessus |
| Prosus | 6 | 36 | 19 | 86 % au-dessus |
| Heineken | 5 | 76 | 81 | 6 % en dessous |
| Akzo Nobel | 4 | 58 | 35 | 66 % au-dessus |
| Philips | 4 | 23 | non exploitable | non exploitable |
| ABN Amro | 4 | 40 | 10 | banque, comparaison peu parlante |
Neuf sociétés sur dix cotent donc au-dessus de mon prix d'achat. Ce n'est pas un jugement sur leur qualité : c'est le signe que le marché sait déjà que ces entreprises sont bonnes, et qu'il les valorise en conséquence. Chaque ligne mérite sa lecture.
ASML ou ASM International : laquelle est la plus exigeante ?
ASML est connue de tous : c'est la seule entreprise au monde qui fabrique les machines de lithographie ultraviolette extrême, indispensables pour graver les puces les plus fines. Ses ventes sont passées de 21,2 milliards d'euros en 2022 à 32,7 milliards en 2025, et son cash libre (l'argent qui reste une fois toutes les factures payées et les machines financées) de 7,2 à 11,6 milliards. Le chemin n'a pas été linéaire : le cash libre est tombé à 3,3 milliards en 2023. Le nombre d'actions baisse doucement, de 395 à 387 millions sur la période, grâce aux rachats.
Son prix, lui, se situe à un peu plus de 50 fois son cash libre, dans le haut de son propre historique (67e centile : l'action a été moins chère les deux tiers du temps). Elle cote 14 % au-dessus de mon prix d'achat, un écart que je juge raisonnable pour un monopole de cette qualité.
ASM International est la cousine discrète. Elle fabrique d'autres machines de la même chaîne, celles qui déposent des couches d'atomes une par une sur les puces (le dépôt par couches atomiques). Ses ventes ont grimpé de 2,4 milliards d'euros en 2022 à 3,2 milliards en 2025, son cash libre de 0,44 à 0,84 milliard, avec un nombre d'actions quasi stable (49 millions). Au deuxième trimestre 2026, selon son communiqué du 28 juillet, le chiffre d'affaires atteint 1 003 millions d'euros, au-dessus du milieu de sa fourchette, avec un cash libre record de 355 millions et une marge d'exploitation ajustée de 33 %.
Le problème est le prix. L'action se valorise environ 63 fois son cash libre, et cote 86 % au-dessus de mon prix d'achat. La direction vise un second semestre en hausse de plus de 20 % sur le premier : le marché a déjà intégré cette promesse. Qualité exceptionnelle, marge d'erreur quasi nulle. Si la demande de puces mémoire pour l'intelligence artificielle ralentit, le prix l'indiquera avant les résultats.
Wolters Kluwer : pourquoi semble-t-elle bon marché pour elle-même ?
Wolters Kluwer vend des logiciels et des bases d'information aux avocats, aux comptables et aux professionnels de santé. C'est ma meilleure note néerlandaise hors semi-conducteurs, avec 8 sur 10, et la plus facile à comprendre : 85 % de ses revenus sont récurrents, c'est-à-dire des abonnements qui retombent chaque année. Un cabinet comptable qui a bâti ses procédures sur ses outils ne change pas de fournisseur pour économiser quelques pour cent.
Les chiffres racontent une machine régulière. Les ventes sont passées de 4,6 milliards d'euros en 2020 à 6,1 milliards en 2025, la marge de cash libre atteint 22 %, et le nombre d'actions est tombé de 265,6 à 229,6 millions entre 2020 et 2025, soit 13,6 % de moins : chaque action restante représente une part plus grosse de l'entreprise. Au premier semestre 2026, publié le 5 août, la croissance organique atteint 5 % et celle du logiciel en ligne récurrent 14 %, pour une marge d'exploitation ajustée en hausse de 100 points de base.
Le prix est le point intéressant. L'action se valorise environ 14 fois son cash libre, ce qui la place dans les 9 % les moins chers de son propre historique. Pourquoi ? Parce que le marché craint que l'intelligence artificielle banalise la simple consultation d'informations juridiques ou fiscales. La peur est en partie fondée, et la direction a d'ailleurs abaissé ses attentes pour sa division performance et ESG. Je pense pourtant que l'avantage de Wolters Kluwer tient moins à l'information elle-même qu'à son intégration dans les outils de travail quotidiens des clients. Elle cote encore 9 % au-dessus de mon prix d'achat : pas une affaire criante, mais la plus proche d'un bon prix pour une vraie qualité. Tu peux refaire l'exercice sur la fiche de Wolters Kluwer.
Adyen est-elle la fintech chère qu'on croit ?
Adyen encaisse les paiements en ligne et en magasin pour de grandes marques. Sa marge nette dépasse 40 % (sur 100 euros de revenus, 40 finissent en bénéfice), et ses revenus sont passés de 0,7 milliard d'euros en 2020 à 2,4 milliards en 2025. Au premier semestre 2026, les revenus nets atteignent 1,3 milliard d'euros (+19 %), pour un volume traité de 804 milliards, et la direction relève sa prévision de croissance à 21 à 23 %.
Mon prix d'achat pour Adyen, 159 euros, est très en dessous du cours (940), mais je ne le prends pas au pied de la lettre. Mon modèle extrapole la tendance du cash par action, qui recule de 22 % par an sur la période, et ce cash est inhabituellement irrégulier : environ 1,9 milliard d'euros en 2022, 0,9 en 2025. Chez un acteur du paiement, le cash libre bouge avec l'argent des commerçants qui transite par la société, ce qui le rend peu lisible d'une année sur l'autre. C'est ma lecture, pas une explication de la société. Le vrai constat : Adyen est une entreprise de qualité (7 sur 10) dont le prix suppose que la croissance de plus de 20 % dure. Elle n'a quasiment pas de dette, c'est un atout, pas un prix.
Ahold Delhaize : une qualité moyenne, mais qui rachète ses actions
Ahold Delhaize exploite des supermarchés en Europe et aux États-Unis. Le métier est peu glamour : une marge d'exploitation de 3,9 % au deuxième trimestre, des ventes en hausse de 1,9 % à taux constants, selon son rapport intermédiaire. Un supermarché vit de volumes énormes et de marges minces. C'est pourquoi la note est de 6 sur 10 malgré une bonne gestion.
Ce qui m'intéresse, c'est la discipline. Le cash libre est passé de 2,7 milliards d'euros en 2022 à 4,4 milliards en 2025, et le nombre d'actions a fondu de 995 à 887 millions sur la période, soit environ 3 % de moins chaque année. La société a racheté 564 millions d'euros d'actions au premier semestre 2026 et vise au moins 2,3 milliards de cash libre pour l'année. L'action se valorise environ 6,6 fois son cash libre, ce qui paraît très bas, mais elle cote tout de même 21 % au-dessus de mon prix d'achat : mon modèle ne parie pas sur une accélération de la croissance du cash pour un distributeur alimentaire.
Heineken est-elle la seule sous mon prix d'achat ?
Oui, et pas pour de bonnes raisons. Heineken obtient 5 sur 10 : ses ventes n'ont pas bougé depuis 2022 (28,7 milliards d'euros en 2025, contre 28,7 en 2022), sa marge de cash libre n'est que de 9 %, et sa dette représente 5,6 années de cash libre. Le nombre d'actions baisse lentement, de 1,1 % par an. C'est une marque mondiale, mais une machine qui fait du surplace.
Le prix, 76 euros pour un prix d'achat de 81, reflète exactement cela. Un brasseur n'est pas bradé par erreur : le marché paie une croissance plate à un prix de croissance plate. Je ne la mettrais pas sur ma liste d'achat sans une raison de croire que les volumes repartent. Une décote sans trajectoire d'amélioration est une situation, pas une opportunité.
Pourquoi Philips, Akzo Nobel et Prosus sont-elles plus bas ?
Philips (4 sur 10) fabrique du matériel médical, avec une marge de cash libre de 2,8 % et une dette de près de 10 années de cash libre : trop peu de marge pour absorber un accident industriel. Mon prix d'achat n'est pas exploitable, le modèle butant sur un cash trop faible. Akzo Nobel (4 sur 10), la peinture, voit ses ventes reculer de 2 % par an, et cote 66 % au-dessus de mon prix d'achat.
Prosus (6 sur 10) est un cas à part : une holding dont une grande part de la valeur vient d'une participation dans Tencent, avec des ventes en hausse de 17 % par an et un nombre d'actions qui baisse de près de 10 % par an. La note est correcte, mais le prix est 86 % au-dessus de mon prix d'achat, et le cash libre d'une holding de ce type se lit mal. Je la garde sous surveillance, pas dans ma liste.
Ce que je garde de ce classement
Trois idées. Un : les deux meilleures notes néerlandaises viennent des machines à puces, et ce sont aussi les plus chères. Deux : la seule qualité à un prix presque raisonnable est Wolters Kluwer, parce que le marché doute de sa résistance à l'IA. Trois : Heineken, seule sous le prix d'achat, prouve qu'un prix bas ne remplace pas une trajectoire. Si tu veux comparer avec ses voisins, j'ai fait le même exercice pour l'Allemagne et la Suède. Mon outil d'analyse applique la même grille à n'importe quelle action, c'est exactement pour cela que je l'ai construit.
FAQ
Quelles sont les meilleures actions néerlandaises en 2026 ?
Sur dix valeurs passées au crible le 19 octobre 2026, ASML et ASM International obtiennent 9 sur 10, suivies de Wolters Kluwer (8) et d'Adyen (7). Cette note mesure la qualité de l'entreprise, pas son prix.
Quelle action néerlandaise cote sous le prix d'achat de la méthode ?
Une seule : Heineken, 6 % en dessous, mais avec une note de 5 sur 10 et des ventes stables depuis 2022. Les autres cotent au-dessus, de 9 % pour Wolters Kluwer à 86 % pour ASM International.
Pourquoi ASM International est-elle plus chère qu'ASML ?
Elle se valorise environ 63 fois son cash libre contre un peu plus de 50 pour ASML, alors que sa taille est bien plus petite. Le marché a déjà intégré la forte hausse attendue de ses ventes au second semestre.
Wolters Kluwer est-elle une bonne action ?
C'est une entreprise de qualité (8 sur 10) à 85 % de revenus récurrents, dont le prix est bas par rapport à son propre historique. Le risque principal est que l'intelligence artificielle banalise une partie de son offre d'information.
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À propos de l'auteur
Écrit par Lubin Danilo, fondateur de Lubin Investment. Investisseur particulier autodidacte, l'analyse fondamentale me passionne et m'a donné d'excellents résultats. Cela fait désormais trois années que ma performance bat le S&P 500. Mais analyser chaque action me prenait trop de temps : des sites aux données incomplètes, des méthodes de calcul et des critères jamais alignés sur les miens. Et repérer les meilleures actions était tout aussi chronophage, même avec ma liste de critères bien définie. J'ai donc mis mon expérience en développement à profit pour créer ce logiciel, bâtir ma stratégie d'investissement sur les résultats de celui-ci et en faire profiter les gens partageant la même passion que moi. Il juge séparément la qualité d'un business et son prix, à partir de critères inspirés de la littérature financière (Warren Buffett, Michael Mauboussin, Aswath Damodaran).